Assurance : vers une baisse sensible des tarifs ?

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Assurer la voiture, l'habitation, les risques de maladies, d'accidents ou de tout ce qui pourrait potentiellement arriver à quelqu'un, un jour, quelque part… L'assurance, moyen de gérer son avenir, est opaque, mal expliquée mais toujours essentielle. Il faut être assuré pour tout, de la naissance jusqu'à la mort, et même après. Le problème, c'est que l'assurance coûte cher, environ 5 % du budget des ménages, et l'assuré ne comprend pas pourquoi. Le projet de loi sur la consommation permettra d'acquérir un peu de liberté dans le choix de son assurance et pourrait bien faire sensiblement baisser les prix.

La plupart des contrats d'assurance pour les particuliers sont généralement annuels. Ces derniers sont reconductibles tacitement au terme de l'année. Autrement dit, si vous ne vous manifestez pas, votre contrat est relancé automatiquement pour un an supplémentaire.

La reconduction tacite de contrat annuel

Ce processus, assez pratique, permet de ne pas avoir à faire et refaire sans cesse les mêmes papiers chaque année. Mais il est à double tranchant : si vous désirez résilier votre contrat et manquez la date limite, il est reconduit un an. La loi Chatel de 2005 oblige les assureurs à informer leurs clients par courrier, 15 jours avant que le contrat n'arrive à son terme, qu'ils disposent de 2 semaines pour changer d'assureur. Or "ce n’est que durant un laps de temps très réduit que les consommateurs peuvent comparer utilement les offres du marché pour souscrire le cas échéant à une police d’assurance plus performante", précise le projet de loi (pdf).

Si dans ce délai vous n'avez pas eu le temps de résilier votre contrat, vous vous retrouvez avec la même assurance qui ne vous satisfait pas. Si vous avez eu le temps de le résilier mais que vous ne vous êtes pas engagé ailleurs, vous vous retrouvez sans assurance. Aussi, de nombreux clients conservent leur contrat faute de temps, de courage ou d'informations, alors qu'il ne correspond plus vraiment à leurs besoins. Tant et si bien que le taux de résiliation est très faible : seulement 12 % dans l'assurance multirisque, par exemple. Le client se sent souvent piégé.

Signataire de contrat

Vers une assurance plus juste, et moins chère

La loi Hammon propose donc de rendre au client sa liberté de résilier son contrat quand bon lui semble. Aussi, si vous n'êtes pas satisfait de votre assureur, vous pourrez, après une durée initiale d'un an, résilier votre contrat d'assurance (multirisque, habitation, automobile…) lorsque vous le désirerez, n'importe quand dans l'année. Cette mesure paraissant anecdotique implique pourtant de nombreux changements.

Tout d'abord, le risque de non assurance est limité au maximum puisque le consommateur aura le temps de faire les démarches nécessaires.

Ensuite, les assurances vont devoir devenir à nouveau attractives, sous peine de perdre de nombreux clients. Une concurrence plus juste va naturellement se mettre en place. Selon une étude Ipsos, réalisée pour le comparateur LesFurets.com, un consommateur moyen pourrait économiser 229€ par an sur son assurance automobile s'il pouvait résilier son contrat lorsqu'il le souhaite. Naturellement, une communication plus accrue et plus claire s'établira peu à peu.

Les assureurs de leur coté, craignent une hausse considérable des prix, due aux coûts plus importants des frais de gestion. Interrogé par 20 minutes, Benoit Hammon rassure les Français : "ceci va entraîner plus de concurrence et une baisse des primes, contrairement à ce que disent les professionnels du secteur. Ces grands groupes croient beaucoup aux vertus de la concurrence sauf quand elle s’applique à leur secteur".

Enfin, le risque de multi-assurance sera définitivement écarté. Bien souvent, les consommateurs, inquiets pour leur bien, s'assurent, oublient et s'assurent à nouveau. D'autres, par manque d'information sur les garanties dont ils disposent déjà sur leur produit, s'assurent une nouvelle fois. Ils payent donc 2 fois le même service. La multi-assurance s'est généralisée avec les garanties que proposent certains produits ou certaines marques : avec l'achat de votre nouveau téléphone, vous contractez une assurance casse ou vol, que bien souvent, vous détenez déjà ailleurs. Le projet de loi prévoit donc un délai de renonciation à certains services lorsque le doublon a été identifié, et le remboursement en cas de trop-perçu.

Ainsi, si le projet est adopté, les petits assureurs et les cyber-groupes vont pouvoir capter plus de clients et, par conséquent, les grands groupes traditionnels vont devoir baisser leurs tarifs, sous peine de perdre de nombreux contrats.

Sources : LesFurets.com ; 20 minutes ; economie.gouv.fr