Le don d'organes automatique, c'est pour bientôt

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Environ 40 % de la population s'opposerait aujourd'hui au don d'organes - iStockPhoto
Environ 40 % de la population s'opposerait aujourd'hui au don d'organes - iStockPhoto

Les députés ont validé, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril, un amendement du projet de loi santé facilitant le don d’organes. Résultat, le prélèvement d’organes sera dorénavant possible sur une personne décédée non inscrite au registre des refus.

Il s’agit certainement d’une des mesures les plus délicates du projet de loi santé de Marisol Touraine. Les députés ont adopté dans la nuit de vendredi à samedi un amendement confortant le dispositif de consentement présumé au don d’organes, et ce dès 2018. En pratique, les familles et proches ne pourront plus avoir leur mot à dire si la personne décédée ne figure pas dans le registre national des refus. Ceux-ci ne seront concrètement plus consultés comme à l’heure actuelle mais avisés des prélèvements réalisés et de la finalité de ces derniers.

Rappelons que jusqu’à présent, les membres de la famille étaient en mesure de s’opposer au don, et ce même si leur proche décédé n’avait effectué aucune démarche officielle pour s’inscrire sur la liste des refus. Or, cette situation participait, comme le souligne les auteurs de l’amendement, à l’appauvrissement du don d’organes. Et amenait certains proches à agir sous le coup de l’émotion, de manière irréfléchie.

Toutefois, les députés ont adopté en parallèle un second amendement ouvrant la voie à de nouvelles façons de manifester officiellement son refus, selon Le Monde. Si le registre actuellement en place restera le moyen le plus utilisé, d’autres recours spécifiés ultérieurement verront le jour d’ici 2017.


Près de 20 000 personnes en attente d’une greffe en France

Reste que les associations de donneurs sont nombreuses à monter au créneau contre l’amendement. Pour elles, il est en effet impératif que la famille participe à l’acte de générosité du don, comme c’est le cas actuellement. De même, elles invitent à ne pas négliger l’importance de cet acte coordonné, qui contribuerait positivement au travail de deuil.

En outre, une partie du corps médical s’inquiète de cette modification, estimant que la notion de don risque avec cet amendement de perdre sa dimension d’humanité. 19 000 personnes environ sont aujourd’hui en France en attente d’une greffe, tandis que 40 % de la population n’acceptent pas le don d’organes.


Sources : franceinfo, lefigaro