5 idées reçues sur la diététique

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5 idées reçues sur la diététique
5 idées reçues sur la diététique
Croire que le métier de diététicien n'est pas réglementé en France, que l'huile contient moins de matières grasses que le beurre, qu'il existe une diète anti-arthrose, que la consommation en excès de sel induit des maladies ou encore que tous les légumes contiennent très peu de calories... est-ce une idée reçue ? Vérifions les réponses ensemble.


Le diplôme de diététicien n'est pas reconnu en France

Faux. Validé par un diplôme d’État, le métier de diététicien est reconnu en France depuis 2007 (Loi N° 2007-127). Véritable professionnel de la santé au même titre qu'un gynécologue ou un chirurgien, le diététicien (ou diététicien nutritionniste) est un spécialiste de l'alimentation. Depuis 2011 en outre, le diététicien doit posséder un agrément SPF Santé Publique pour pratiquer, garantissant aux patients des conseils et un suivi de qualité. Ce technicien expert en nutrition est spécialisé dans l'élaboration de programmes alimentaires personnalisés.

Marché très porteur, la diététique attire nombre de spécialistes dont l'existence juridique n'est pas reconnue : coach en nutrition, naturopathe, expert en nutrition, nutricoach, coach bien-être, coach en amaigrissement... Attention aux charlatans qui n'ont aucune connaissance en ce domaine et profitent du désarroi des personnes en quête d'amaigrissement.

Si le bouche-à-oreille est un bon moyen de trouver un spécialiste compétent, il est toutefois conseillé de choisir un diététicien ou un médecin ayant suivi une formation complémentaire en nutrition pour obtenir de réelles informations et un suivi adapté : médecin nutritionniste ou médecin nutrithérapeute. Il existe également des psychologues et des psychiatres spécialistes des troubles du comportement alimentaire.

L'huile est moins calorique que le beurre

Faux. A poids égal, c'est l'huile qui est la plus calorique. Selon la Table Ciqual de composition nutritionnelle des aliments de l'ANSES, les huiles contiennent pratiquement toutes 100% de lipides, soit 100 g pour 100 g de produit tandis que le beurre doux, 82.20 g.

Sachant que 1 g de lipide équivaut à 9 kcal, la plupart des huiles que nous consommons ont une valeur énergétique de 900 kcal (ou 3700 joules) : colza, noisette, noix, tournesol...

Si d'autres huiles contiennent légèrement moins de lipides, la différence au niveau calorique n'est pas significative ; avec 99,90 g de lipides pour 100 g, l'apport énergétique des huiles d'olive, de pépins de raisin ou encore de soja est de 899 kcal.

Les beurres et margarines végétales sont un peu moins caloriques : beurre demi-sel / 732, beurre doux / 745, margarine (80% mg)/ 761...

Si vous souhaitez encore diminuer les calories, préférez les margarines à tartiner allégées (entre 300 et 500 kcalories) dont certaines marques sont très bien placées au niveau proportion en acides gras (acides gras saturés, monoinsaturés et polyinsaturés).

Pour info : l'apport énergétique des lipides doit être compris entre 35 et 40% des apports alimentaires / jour selon l'ANSES. Pour une femme qui a un besoin quotidien moyen de 1800 kcalories, cela représente 65 g de lipides.

Il existe des aliments anti-arthrose

Vrai. Maladie inflammatoire des articulations qui se caractérise le plus souvent par des poussées d'inflammations sporadiques, l'arthrose peut être soulagée voire combattue par une diététique adaptée.

Une diète trop riche en acides gras saturés et trop faible en oméga-3 ne serait pas étrangère en effet à la recrudescence des maladies inflammatoires dans le monde à savoir l'arthrose mais aussi certains cancers, le diabète de type II, les maladies cardio-vasculaires, la colopathie...

Comme il existe des aliments pro-inflammatoires (aliments raffinés, viandes rouges, volailles, produits laitiers gras, alimentation transformée industrielle, huiles de maïs, tournesol, pépins de raisins...), il existe aussi des aliments anti-inflammatoires naturels reconnus ;  parmi ces derniers, le gingembre fait office de chef de file, certains chercheurs estimant qu'il est aussi efficace que les médicaments dernière génération. Autre aliment très efficace pour lutter contre l'arthrose : le curcuma ; mélangé à du poivre et de l'huile d'olive, le curcuma en poudre sera mieux assimilé par l'organisme ; il existe également sous forme de gélules, plus pratiques au quotidien.

En plus de leur action antioxydante bien connue contre les radicaux libres, les végétaux agissent contre les réactions anti-inflammatoires des cellules de nos cartilages (chondrocytes) grâce aux polyphénols qu'ils contiennent ; même si certains sont plus anti-inflammatoires que d'autres (cerises, framboises, mûres, myrtilles, raisins, légumineuses, graines et noix, épices et herbes, courge, choux, épinards, poivrons...), une alimentation à base de légumes, herbes, épices et fruits bio est à privilégier dans une diète anti-inflammatoire.

L'inflammation est également due à une déficience en acides gras essentiels oméga-3 qui ne peuvent être fournis que par l'alimentation. Indispensables entre autres au fonctionnement du cerveau et du système nerveux, les oméga-3 sont essentiellement présents dans les poissons gras (anchois, foie de morue, hareng, maquereau, sardine, saumon, thon...), les huiles (colza, noix, soja), les graines de lin, les amandes, les noisettes... Disponibles également sous forme de gélules, elles sont un bon moyen de rééquilibrer simplement les apports en bons acides gras.

S'apparentant au régime méditerranéen qui a fait ses preuves au niveau santé, la diète anti-arthrose nécessite de consommer majoritairement des aliments non transformés issus du règne végétal, des poissons gras, de l'huile d'olive et de colza ; la consommation de produits laitiers est à diminuer ; quant aux aliments raffinés, viandes, produits industriels et fast-food, il sont à réduire le plus possible.

Le sel est mauvais pour la santé

Vrai. Même s'il est indispensable à l'organisme notamment pour la transmission des influx nerveux, le sel à trop forte dose induit de graves problèmes de santé reconnus : cancer de l'estomac, hypertension, maladies cardio-vasculaires, maladies rénales, obésité, ostéoporose... Or sa consommation en Europe et dans le monde est supérieure aux recommandations de l'OMS : moins de 5 g / jour, soit 1 cuillère à café.

Difficile à estimer, notre consommation quotidienne de sel se situerait, selon les différentes études, entre 7 et 11 g. Elle est d'autant plus élevée si nous mangeons régulièrement dans les chaînes de restauration et consommons des produits manufacturés (pizzas, soupes, biscuits apéritifs, chips...), des aliments séchés, beaucoup de charcuteries, de produits laitiers et fromages...

Objectif phare des Programmes Nationaux Nutrition Santé, la réduction de l'apport en sel s'opère lentement grâce notamment à des chartes d'engagements entre les pouvoirs publics et les industriels.

Quelques moyens toutefois pour limiter votre consommation de sel :

  • abusez des herbes, épices, aromates, condiments pour relever les saveurs : ail, basilic, cumin, curcuma, curry, gingembre, oignon, romarin, sarriette, thym, vinaigre balsamique... ;

  • consommez le plus possible de légumes frais ou surgelés ;

  • privilégiez les aliments sans sodium ou sans sel ajouté ;

  • comparez les étiquettes de mêmes produits pour choisir celui contenant le moins de sodium (Na) ;

  • bannissez la salière sur la table, les fast-food, les plats préparés surgelés...

Pour info : pour connaître la liste des aliments les plus riches en sodium, faites une recherche par constituant sur la table Ciqual (Source Anses).

Les légumes ne sont pas caloriques

Vrai et Faux. Même si les légumes font partie de la catégorie d'aliments la moins calorique, il existe des légumes plus caloriques que d'autres. Unité de mesure de l'énergie, les calories sont apportées par les glucides (1 gr = 4 kcal), les lipides (1 gr = 9 kcal) et les protéines (1 gr = 4 kcal).

Parmi les légumes les plus caloriques, on trouve l'avocat frais (167 kcal pour 100 gr), le maïs (103 kcal), la pomme de terre cuite à la vapeur (89,5 kcal), les petits pois cuits (70,8 kcal)... A l'inverse le concombre, le céleri branche cru, le radis, la laitue ont très peu de calories (entre 10 et 14 kcal).

En moyenne les calories des légumes, comme celles des fruits frais, sont comprises entre 10 et 50 kcal pour 100 g ; en comparaison, les fromages et les pâtisseries industrielles ont entre 350 et 500 kcal, la "fast food" et les plats préparés entre 200 et 350 kcal.

Ce qui ajoute des calories aux légumes, ce sont les sauces et accompagnements. L'idéal est une cuisson vapeur lente. Et comme assaisonnement : des épices (0 kcal), des herbes, un filet de citron, un peu d'huile d'olive pour ses qualités nutritionnelles (1 cuillère à soupe = 90 kcal).

Pour rappel : les besoins quotidiens pour une femme s'élèvent à 1 800 kcal et 2 100 kcal pour un homme exercant une activité faible inférieure à 30 minutes/j.

 

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