Entreprise : le jargon et la novlangue en question

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Entreprise : la novlangue en question / iStock.com - SIphotography
Entreprise : la novlangue en question / iStock.com - SIphotography

À l’ère des start-ups, de l’hyperconnectivité et de la génération Y, le monde de l’entreprise a développé un jargon incompréhensible pour les néophytes. Agrémentée d’anglicismes, d’euphémismes et de néologies, cette novlangue est très prisée des hipsters et agace les hommes d’affaires d’un certain âge. Pourtant, cette tendance n’est pas prête de disparaître…

Les professionnels de la santé ont leur jargon. Le monde de l’entreprise a également développé le sien. En outre, avec l’arrivée de la start-up génération, la langue des affaires est devenue encore plus incompréhensible et frise le non-sens.

Néologismes, hyperboles, etc.

Depuis les années 1990, les personnes évoluant dans le monde des affaires ont développé un jargon difficilement compréhensible pour les non-initiés. Toutefois, avec un peu de concentration, ces derniers pouvaient encore comprendre la majorité des mots utilisés et suivre tant bien que mal le raisonnement. Cependant, ces vingt dernières années, la langue des entrepreneurs est devenue un véritable charabia. Il s’agit d’un savant mélange d’euphémismes, d’hyperboles et de néologismes.

Les businessmen modernes se servent entre autres de termes techniques liés à leurs activités, d’anglicismes relatifs à leurs techniques de management ainsi que de mots détournés de leur sens premier pour obtenir un résultat clinquant et absurde. Le tout aligné dans une même phrase répond souvent à une forme de paralogisme très convaincante. Figure emblématique du genre, le PDG de Starbucks Howard Schultz a par exemple présenté ses nouveaux cafés en tant que produits offrant “une expérience ultra premium, immersive et précurseur”. Comme le souligne avec humour le Financial Times, “et” et “une” sont les seuls mots acceptables dans cette succession d’inepties.

Une euphémisation qui touche jusqu'au licenciement 

Le licenciement est un des moments les plus délicats dans la vie d’entreprise. De ce fait, “renvoyer”, “licencier” et toutes les expressions associées font partie des premiers termes revisités par le processus d’euphémisation touchant le monde des affaires.

Sebastian Thrun, le fondateur de la jeune pousse Udacity, a même initié un processus de néo-euphémisation en collaboration avec son Chief Happiness Officer (CHO). Pour éviter d’évoquer les crises ou tout autre évènement fâcheux, la société a abandonné les mots comme “remercier”, “plan social”, “restructuration”, etc. au profit du terme “libérer”. De cette manière, le futur ex-employé aura l’impression d’avoir une myriade d’opportunités devant lui. Pourtant, le fait est qu’il ne se lèvera plus pour aller au bureau désormais, du moins, pas celui-ci…

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