Tout comprendre aux troubles bipolaires

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Tout comprendre aux troubles bipolaires / iStock.com - twinsterphoto
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Autrefois appelé psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire touche 1 à 2 % de la population mondiale et bien plus pour les formes les moins graves (6%). Il s’agit d’un trouble de l’humeur composé de phases d’exaltation et de dépression pouvant entraîner des problèmes sociaux, professionnels ou encore affectifs au quotidien. Difficile à diagnostiquer, elle est trop souvent confondue avec un simple changement d’humeur. Si cette maladie psychique nous entoure, elle n’est que trop peu méconnue et comprise.


Qu'est-ce que le trouble bipolaire ?

Le trouble bipolaire, aussi connu sous le nom de psychose maniacodépressive dans les années 80, est une maladie psychiatrique fréquente qui apparaît généralement chez les jeunes adultes et qui persiste. Ce n’est qu’à partir des années 90, que les connaissances sur la bipolarité évoluent, bien qu’elle soit toujours difficile à repérer et à soigner. D’après l’OMS, cette maladie est la sixième cause de handicap puisqu’elle invalide d’un point de vue social. Elle est aussi très dangereuse pour la personne atteinte puisqu’elle augmente le risque de suicide de 15%.

La maladie se définit comme un dérèglement de l’humeur qui se manifeste en deux phases distinctes, la dépression et l’excitation. Cela peut être causé par un stress important ou bien sans véritable raison apparente. Entre les deux phases, il s’opère toujours un stade de stabilité. À la différence du changement d’humeur de tout à chacun, les troubles bipolaires sont disproportionnés au point de paralyser le malade.

Quels sont les manifestations et symptômes ?

Les individus touchés par cette maladie sont touchés par différentes périodes. On parle d’hypomanie dans le cas d’une élévation de l’humeur modérée et d’un état maniaque si elle est très conséquente où des hallucinations et des délires peuvent surgir. À l’adolescence, une forme atténuée d’hypomanie est possible, la cyclothymie. Dans les moments où l’humeur est au plus bas, il est question  d’état dépressif modéré ou sévère. Ces deux épisodes peuvent également se produire au même moment ou seule la première phase peut avoir lieu :

  • Périodes hypomaniaques : l’euphorie prend le dessus tout en restant légère. Le sujet ne ressent plus la fatigue et le cerveau marche à toute allure d’où les idées irréalistes. Il peut aussi avoir des pensées mégalomaniaques, et une désinhibition. Cette phase peut durer seulement quelques heures d’où la difficulté du diagnostic ;
  • Périodes maniaques : la manie peut durer une semaine entière, voire des mois, et se traduit par une humeur irritable avec des délires dangereux pour le malade lui-même et les autres. La plupart du temps, ce stage requiert une hospitalisation ;
  • Périodes dépressives : des sentiments de tristesse, d’angoisse, d’anxiété, de colère et autres se font ressentir. La fatigue est importante ainsi que la sensation de solitude. Cette souffrance peut alors donner des idées suicidaires. Non traitée, cette phase peut durer des mois.

Selon le trouble, le patient peut être sujet à des troubles moteurs touchant jusqu’à 25% des personnes déprimées et 28% pour les épisodes maniaques ou hypomaniaques.  

Quelles sont les causes de la maladie ?

Malheureusement, les troubles bipolaires sont encore trop peu compris par les chercheurs et les médecins. Toutefois, plusieurs gènes sont impliqués ce qui rend les symptômes différents d’un individu à l’autre tout comme le traitement à envisager. Le risque est donc aussi plus grand dans une même famille, on parle de vulnérabilité génétique.

Des facteurs environnementaux et psychologiques peuvent aussi être une cause : une atmosphère familiale toxique, les situations de stress, la prise de drogues, la solitude au quotidien, le manque de sommeil…

Quels sont les traitements possibles ?

Les traitements sont évidemment adaptés pour chaque patient et aident à vivre normalement pour retrouver une sociabilité à la fois personnelle et professionnelle. On distingue deux types de traitements :

  • les traitements biologiques : il s’agit de médicaments pour stabiliser l’humeur et le maintenir les phases à un niveau raisonnable. Souvent, ils devront se prendre pendant des années voire à vie pour les cas les plus importants. Parmi les stabilisateurs les plus courants, on note l’Epival, le Lithium et le Tégretol ;
  • les psychothérapies : l’objectif des séances est de prévenir les crises, savoir les maîtriser, mais surtout les atténuer. Il faut pousser le patient à maintenir une bonne hygiène de vie en dormant et mangeant correctement et en pratiquant une activité physique qui aide à lutter contre la dépression. Il aussi impératif de lutter contre le stress avec des exercices de respiration, par exemple.