5 idées reçues sur le bio

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5 idées reçues sur le bio 
5 idées reçues sur le bio 
Vous entendez souvent dire que l'alimentation bio est synonyme de minceur et d'écologie, qu'il faut se méfier des labels, que les fruits et légumes bio frais ont une durée de vie très courte ou encore que manger bio est hors de prix. Éclaircissons dès à présent ces affirmations.


Manger bio ne fait pas grossir...

Faux. Alimentation bio n'est pas synonyme d'alimentation allégée en matières grasses ou en sucres. Un gâteau bio, s'il n'est pas allégé en sucres, contient autant de sucres qu'une pâtisserie non bio. De la même façon, de la charcuterie bio est aussi riche en calories que des chipolatas, du boudin noir, du salami ou encore des rillettes ne provenant pas de l'agriculture biologique.

Si vous souhaitez manger sainement et ne pas grossir, il suffit de suivre quelques règles alimentaires simples et faire en sorte qu'elles deviennent des habitudes :

  • manger diversifié et équilibré avec des proportions en glucides, lipides et protéines adaptées à son poids,

  • consommer des aliments biologiques riches en fibres (céréales, fruits, légumes, légumes secs, légumes verts),

  • éviter les grignotages entre les repas qui doivent être pris le plus possible à heures régulières avec un dîner allégé en calories,

  • manger lentement en mastiquant bien les aliments,

  • boire de l'eau, des infusions, des tisanes... et proscrire les boissons sucrées (sodas, jus de fruits, boissons énergisantes, boissons alcoolisées...),

  • pratiquer une activité physique au moins ½ h/jour (marche, marche rapide, vélo...).

Les labels bio ne sont pas fiables

Vrai et Faux. Avec un marché multiplié par 4 dans l'Union européenne ces 10 dernières années, la filière du bio est de plus en plus contrôlée. Et, contrairement à ce que beaucoup pensent, le label bio ne s'achète pas. La production de produits issus de l'agriculture biologique est même très contraignante pour ceux qui en font la demande. Coûteuse, elle soumet les agriculteurs, producteurs et autres acteurs de la filière à des règles très astreignantes pour obtenir la certification par des organismes agréés : Ecocert, Agrocert, Certipaq... Sur les 5 années suivantes, 6 contrôles sont mis en place dont 1 inattendu portant sur l'ensemble du système de production.

Cependant la demande croissante des consommateurs pour des produits bio fait craindre le risque d'une nouvelle agriculture biologique industrielle ; le 8 février 2016, la commission Agriculture du Parlement européen a d'ailleurs voté une proposition avec des règles assouplies pour la certification en matière de présence d'OGM ou de pesticides.

Pour info : le label bio AB, lié au ministère de l'Agriculture, garantit qu'un aliment est composé à plus de 95% d'ingrédients issus de l'agriculture biologique. Certains labels bio indépendants ont des exigences plus élevées qui garantissent aux consommateurs des produits de qualité supérieure : Nature & Progrès, Demeter, Bio Cohérence, Ensemble, Bio Solidaire... Sont par exemple limités les OGM à un taux de 0,1% (contre 0,9% pour le label européen), interdites les productions bio et non bio sur une même parcelle ou encore encouragées les semences non inscrites au Catalogue Officiel...

Consommer bio ne veut pas dire écologique

Vrai. Avec 40% de produits bio importés (Chine, Espagne, Italie...), la France ne peut prétendre que le marché du bio est écologique. Or il s'agit d'un amalgame largement répandu parmi les consommateurs.

Servant les intérêts des consommateurs et des producteurs, l'agriculture écologique se définit comme une agriculture durable qui :

  • impacte le moins possible sur l'environnement, le climat et la santé des consommateurs,

  • respecte la biodiversité,

  • protège les sols et les sous-sols,

  • n'utilise pas de produits chimiques ou d'OGM.

Or des produits bio, acheminés depuis la Chine, les États-Unis ou tout autre pays, ont une forte empreinte écologique de par l'énergie qu'ils requièrent pour leur transport. De plus, les critères du bio d'un pays à l'autre varient fortement de même que les contrôles... Les visites inopinées sont par exemple quasi inexistantes en Roumanie pour la filière du bio. Les fraudes dans de tels pays sont ainsi plus fréquentes et la qualité des produits parfois douteuse.

Pour consommer bio et écologique, il faut acheter local ; ramassés à maturité parfaite, les fruits et légumes bio locaux, s'ils ne se conservent pas longtemps, sont meilleurs au goût ; imparfaits quant à leur forme, ils sont soumis en France à des contrôles parmi les plus stricts au monde.

Créé sous l'impulsion de Pierre Rahbi, le mouvement Colibris dresse une carte des acteurs du bio dans votre région pour 'manger bio, local et de saison' avec notamment les Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP).

Fruits et légumes bio doivent être consommés rapidement

Vrai. Achetés 'local', les fruits et légumes bio ne se conservent pas longtemps. Mieux vaut les acheter en petite quantité pour limiter les risques de gaspillage. Ramassés à maturité, en pleine saison, ils n'ont pas besoin d'être stockés en chambre froide contrairement aux fruits et légumes de l'agriculture traditionnelle ; ils passent directement du champ à l'assiette.

S'ils doivent être rapidement consommés, les fruits et légumes bio ont bien des atouts ; meilleurs à la santé, ils ont également plus de goût, de vitamines C, d'anti-oxydants et de matière sèche. Pour une conservation idéale des fruits, placez-les dans une cave fraîche. Quant aux légumes, rangez-les dans le bac le moins froid du réfrigérateur.

Sinon il existe de nombreuses méthodes pour les conserver : congélation, macération dans de l'huile ou du vinaigre, conserves ou salaisons au sel, séchage...

Le bio c'est cher

Oui et non. Il est tout à fait possible de consommer bio sans se ruiner. Les enseignes de produits écologiques, et même certaines grandes surfaces, proposent du bio "en vrac" bien moins cher que les produits emballés, les plats cuisinés ou les portions individuelles. Il s'agit de produits de consommation courante (pâtes, riz, céréales, café, farine, sucre, fruits secs, lentilles...) mais aussi de références plus originales vous permettant de diversifier votre cuisine : gomasio (graines de sésame grillée + sel), graines (lin, courge, tournesol...), baies de goji...

Pour diminuer votre budget courses, vous pouvez aussi réduire votre consommation de viande que vous remplacerez par des légumineuses (pois secs, haricots secs, lentilles, fèves...) associées à des céréales et des légumes de saison. Utilisez sans modération les épices et herbes aromatiques fraîches. Si vous n'avez pas de jardin, plantez en pot devant une fenêtre, basilic, persil, coriandre, aneth, ciboulette, menthe... peu exigeants en soins.

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