La douceur de la peau de l’autre serait une illusion affective

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Toucher l'autre pour s'attacher à lui
Toucher l'autre pour s'attacher à lui

Une équipe de chercheurs britanniques vient de publier une étude expliquant pourquoi nous jugeons souvent la peau d’autrui plus douce que la nôtre. À la lumière de leurs expériences, ces derniers décrivent le processus comme une "illusion de douceur sociale" inhérente au système nerveux, où l’affect tient un rôle crucial.

Pourquoi considère-t-on la peau d’autrui plus douce que la nôtre ? Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs de l’University College de Londres ont mené une étude, tout juste publiée par la revue Current Biology. Leurs expériences ont été menées dans un premier temps sur des individus étrangers les uns aux autres, puis sur des personnes qui entretenaient déjà des liens affectifs forts. Résultat, les scientifiques nomment désormais ce phénomène : "illusion de douceur sociale". Cette illusion provoquée par le système nerveux, augmenterait le plaisir et tisserait les liens qui comptent pour nous.

Le toucher, un sens trop méconnu

Cette étude est l’occasion de remettre le sens du toucher à l’honneur, peu connu et souvent oublié. En réalité, ce dernier aurait deux fonctions indispensables à l’Homme :

- la première est pratique, et dépend de gros mécano­récepteurs semblables aux connexions nerveuses de notre langue, utiles pour identifier les goûts. C’est également elle qui nous permet, de la même manière, de qualifier objectivement les matières de notre environnement en leur attribuant des adjectifs tels que "doux", "rugueux" ou "collant"... Plusieurs études ont déjà été menées pour prouver l’intérêt du développement extraordinaire de cette fonction chez les personnes malvoyantes ou aveugles ;

- la deuxième fonction du toucher est beaucoup plus subjective, mais toutefois loin d’être abstraite. Elle a en effet été découverte sur nos petits compagnons ronronnant en 1939. Le ronronnement de plaisir de nos chats est ainsi déclenché par des mécanorécepteurs qui réagissent sensiblement aux touchers légers et affectueux. Une condition indispensable néanmoins : que le chat ait une relation de confiance avec son maître. L’activation de ces fibres nerveuses procure alors un sentiment de plaisir en libérant l’hormone de la récompense.

Le toucher, au cœur des interactions sociales

Une cinquantaine d’années auront été nécessaires avant de découvrir que l’Homme était lui aussi doté de ces mêmes fibres tactiles. On comprend ainsi mieux en quoi le toucher affectif joue un rôle déterminant dans les interactions sociales. Indispensable à la construction affective d’une personne, il envoie au cerveau une sensation de sécurité et de confiance et nous permet de nous attacher à l’autre. C’est bien la psychologie qui reste à l’origine de ce phénomène.

De cette manière, la sensation se déclenche pour nous faire apprécier le toucher de quelqu’un que l’on a envie d’apprécier et dont on se sait apprécié. Tandis qu’à l’inverse, la peau de cette même personne juste après une déception, par exemple, pourra nous sembler nettement moins douce !

 

Sources : Medisite ; Le Monde