Emploi : les discriminations physiques à l'embauche ont la dent dure

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L'association Face Hérault vient de publier le résultat d'une étude portant sur les discriminations à l'embauche liées au physique. Un sujet souvent tabou plus que jamais d'actualité.

La couleur de peau n'est pas le seul élément déterminant dans la discrimination à l'embauche en France. D'après une étude réalisée par l'association Face Hérault, les personnes mal habillées, souffrant d'un physique désavantageux ou encore d'un important surpoids, rencontreraient de grandes difficultés, à compétences égales, à rivaliser avec des candidats répondant aux normes de beauté.

Pour mener à bien son étude, l'association montpelliéraine Face Hérault a interrogé une quarantaine d'entreprises, pour la plupart languedociennes, en 2012. Résultat : les répondants sont 51 % à admettre de se soumettre à  certaines "exigences" de la clientèle. Par ailleurs, les recruteurs seraient 33 % à considérer les critères du poids et de la taille comme primordiaux à l'embauche. Chose moins étonnante, le style – qu'il s'agisse des vêtements, de la coiffure ou encore des tatouages – serait un élément décisif pour 100 % des personnes interrogées. Mais pour 83 % d'entre elles, le physique serait plus important pour la femme. À noter que les répondants à l'étude sont 33 % à avoir mis en place un "dress code" dans leur entreprise : les jupes trop courtes sont interdites, de même que les jeans et les piercings, ce pour le personnel.

Les personnes en surpoids largement désavantagées

Pour le sociologue Jean-Pierre Poulain (auteur de Sociologie de l'obésité, PUF, 2009), il faut savoir qu'un employeur qui élimine un candidat à cause de son surpoids ne se rend pas compte de sa pratique discriminatoire. Toujours selon le sociologue, les obèses seraient d'une manière générale victimes de l'idée selon laquelle ils ne sauraient pas se tenir, n'auraient aucune volonté et seraient responsables de leur état. Ainsi, sans s'en apercevoir, le recruteur impute à la personne obèse des défauts moraux relevant de la stigmatisation.

Afin de lutter contre ces pratiques discriminatoires et totalement infondées, l'association Face Hérault a tiré la sonnette d'alarme pour alerter les managers et leur rappeler que l'apparence physique ne devait en aucun cas rentrer en compte dans leur jugement et leur appréciation. De quoi, peut-être, permettre de faire progresser l'égalité.

Sources : Face Hérault, heraultjuridique.com, 20minutes