Et si un simple lecteur DVD permettait de dépister le virus du sida ?

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Dépister la présence du VIH dans le sang à l'aide d'un lecteur DVD, quelle drôle d'idée. C'est pourtant en substance ce qu'a permis une étude suédoise menée par des chercheurs de l'institut royal de Stockholm. Tour d'horizon.

Ces dernières années, les techniques permettant de détecter la présence dans le sang du virus à l'origine du sida se sont largement multipliées. Test Elisa, Western Blot, test rapide ou encore autotest, les possibilités sont désormais nombreuses, offrant des délais de détection après contamination toujours plus courts (4 semaines aujourd'hui, grâce aux tests de 4ème génération). Problème : ces tests sont bien souvent complexes et coûteux. Ce qui a amené un groupe de scientifiques à utiliser un simple lecteur DVD pour effectuer le test du VIH.

Relayés par la revue scientifique Lab on a chip, les chercheurs du projet, issus de l'institut royal de technologie de Stockholm, ont détaillé le modus operandi permettant de faire de son lecteur DVD une machine à dépistage. À condition de connaitre quelques rudiments de jargon informatique et de ne pas avoir peur du bidouillage, la manœuvre n'est pas si difficile. Il serait pour ce faire d'abord nécessaire de fixer aux câbles du lecteur une photodiode, qui aura pour effet de transformer le rayonnement optique en signal électrique.

Ensuite, un disque polymère semi-transparent comportant plusieurs couches serait nécessaire  afin d'étudier l'échantillon. De façon à ce que la platine soit en mesure de transmettre l'image à un ordinateur, une modification du microcode du lecteur devra en outre être effectuée. Enfin, un échantillon de sang peut à partir de ce moment être injecté sur le disque. À l'aide de la force centrifuge, qui repousse le sang vers l'extérieur, il est ainsi possible d'évaluer la quantité de lymphocytes T4 contenus dans l'échantillon, par ailleurs connus pour participer aux défenses immunitaires et pour être la principale cible du virus du sida, qui les détruit. Si ces lymphocytes T4 se font rares, il y a alors suspicion de contamination par le VIH.

Un test pas fiable à 100 %

Les scientifiques suédois précisent néanmoins que ce test n'est pour l'heure pas totalement fiable, et qu'il ne serait donc pour l'heure pas en mesure de remplacer les tests déjà pratiqués. Reste toutefois qu'à un certain niveau de contamination, celui-ci pourrait servir à détecter le virus avant même que les patients n'en ressentent les premiers symptômes, au moment de la primo-infection. D'autre part, les résultats sont visibles en seulement quelques minutes, alors que les dépistages classiques demandent en général au minimum quelques jours.

Un diagnostic peu couteux pour les pays pauvres

D'après l'équipe de chercheurs, l'équipement nécessaire pour réaliser un tel dépistage est très peu coûteux. Ainsi, quelque 150 euros suffiraient à le mettre en place, contre environ 23 000 euros pour les techniques actuelles, comme le souligne le site internet Les Numériques. Tant et si bien que ce système pourrait se révéler une solution de choix en tant qu'outil de diagnostic rapide dans certains pays africains. Une façon d'identifier les patients ayant besoin d'un test plus approfondi et donc plus onéreux – et par extension un moyen de limiter la pandémie. Pour rappel, sur les 34 millions de personnes aujourd'hui touchées par le virus du sida, pas moins de 25 millions résident en Afrique.

Sources : Axiomcafe, Futurasciences, LesNumériques