Vacances : partir en colo, pour un enfant, c'est gagner en autonomie

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Exit l'année scolaire, voilà que débute le mois de juillet. Dans son sillage : des bagages à plier et peut-être même, à l'arrivée, du soleil à revendre pour des vacances réussies. Mais alors que certains parents ne peuvent pas se permettre de prendre des congés, ils décident de faire partir leurs enfants en colo. Une expérience importante qui n'est pas sans conséquence sur son développement.

À chaque tranche d'âge sa propre expérience de colo. Pour les plus petits, âgés de huit ans, l'évènement est souvent une grande première. Impatients et quelque peu effrayés à la fois de quitter le nid douillet de leur famille, ces enfants s'apprêtent à découvrir une terre inconnue. Et même si un certain engouement à l'idée de s'aventurer dans un nouvel espace est palpable en chacun d'entre eux, cela ne les empêche néanmoins pas de ressentir un petit mal de ventre, le soir en se couchant.

Dès lors, la joie laisse un peu de place à la tristesse et au regret. Dans cette situation, explique la psychologue Béatrice Copper-Royer, il est nécessaire d'entendre la peur de l'enfant en essayant de lui faire comprendre que ses appréhensions sont tout à fait normales, et que le bon déroulement du voyage n'en sera pas impacté.

Chez les plus grands, en revanche, on retrouve souvent les habitués des colos – ceux qui d'une année sur l'autre retrouvent les mêmes lieux, les mêmes copains et les mêmes habitudes. Pour ces derniers, tout est gagné d'avance et l'on part en terrain conquis. Outre ces fidèles, il y a aussi les aventureux – désireux de découvrir de nouvelles activités, plaisirs et connaissances. Question activité, il faut dire que le choix est chaque année de plus en plus pléthorique, certaines colos allant jusqu'à surfer sur le succès des émissions de télé de type "Top Chef" ou encore "Pop Star".

Or, ces vacances dans l'air du temps sont en fait façonnées pour répondre aux rêves et ambitions d'adultes "miniatures". Le maître mot de ces dernières : la réussite, facile, rapide et qui plus est précoce.  Résultat : cette idéalisation, si elle est bien composée et encadrée – le principe étant de ne pas outrepasser la symbolique du jeu –, permet d'épanouir ces adultes en devenir en les aidant à grandir.

Un bond en avant dans l'autonomie de l'enfant

Et au bout du compte, le séjour en colonie est une façon pour l'enfant d'effectuer un bond en avant en termes d'autonomie. Parti petit, celui-ci revient grand. Mais pour effectuer ce bond, l'enfant va devoir s'adapter à de nouvelles règles, compte tenu de l'éloignement de sa famille.  Afin d'y parvenir, il va être soutenu par le groupe, source d'énergie et d'enthousiasme. Dans celui ci, l'enfant va d'une part élargir son cercle d'amis, en rencontrant des personnes venant d'autres régions et qui ont des habitudes différentes.

Mais il va également, avec ce groupe, se révéler d'une façon nouvelle et différente de la représentation qu'il donne de lui à ses parents, dans sa vie scolaire ou au quotidien. Tant et si bien que les a priori et les comparaisons n'ont plus leur place dans cet espace. L'éloignement d'avec la famille est aussi une manière pour chacun de prendre du recul, de reprendre son souffle. Ainsi, parents et enfants peuvent par la suite se retrouver avec davantage de plaisir.

Ne pas brusquer les plus timides et émotifs

Reste que pour les plus petits, la durée de la séparation doit être sérieusement réfléchie, en tenant bien compte de la personnalité de l'enfant. Par exemple, il est conseillé de commencer doucement avec les plus craintifs, émotifs et timides. En optant par exemple pour une semaine vécue sans stress ni peur, l'enfant aura plus facilement envie de repartir. À l'inverse, ses angoisses pourraient à terme se renforcer. De même, les parents ne doivent pas s'imaginer que communiquer sans arrêt avec leur enfant en lui téléphonant ou en lui envoyant des SMS est une bonne chose.

Mieux vaut en effet pratiquer ces derniers avec modération. À noter à ce titre que si l'enfant passe un bon moment, il n'en ressentira certainement pas le besoin et pourrait même vivre ces appels comme une contrainte. De même, pour les plus jeunes et les plus sensibles, cette communication pourrait renforcer leur angoisse de séparation. Enfin, dans le cas des adolescents, cette vie en dehors du cadre familial est vécue comme un véritable bol d'air, à l'écart du regard des parents, menace qui ne fait à leurs yeux que remettre en question l'élaboration de leur autonomie. Résultat : ces derniers seront à n'en pas douter reconnaissants envers leurs parents de respecter cette espace de liberté.

Sources : beatrice-copper-royer, la famille sens dessus dessous, LeMonde