L'orang-outan et les hommes

Une des premières représentations des orangs-outans, Tulpius 1641
Une des premières représentations des orangs-outans, Tulpius 1641
Ce magnifique animal, cousin très proche de l'homme, est menacé sur l'ensemble de son aire de répartition. Que l'on considère l'orang-outan de Bornéo ou celui de Java, il n'y a guère de raisons d'être optimiste.


L’orang-outan dans notre histoire et notre culture

Histoire de l'orang-outan
Dans nos régions, l'orang-outan est surtout un animal de zoo, qui surprend toujours les visiteurs.
Les vieux mâles sont particulièrement impressionnants, avec leurs larges joues tombantes. Mais l'orang-outan est, comme tous les grands singes, très suivis par les chercheurs.
Comme le gorille et le chimpanzé, l'orang-outan est capable d'utiliser des outils et d'apprendre des langages simples par signes.

L’orang-outan tel que l’imaginaient les naturalistes du 19ème siècle
L’orang-outan tel que l’imaginaient les naturalistes du 19ème siècle

La ressemblance frappante avec l'homme a entrainé toutes sortes de comparaisons, dont le nom de l'orang-outan (l'homme de la forêt), est le premier exemple. Dans les différents volets de « La planète des singes », l'orang-outan compte parmi les personnages importants. Il est intéressant de constater que les caractéristiques des différents singes présentés sont associées à des caractéristiques humaines. Dans ces films, les gorilles sont associés à la force et servent au maintient de l'ordre dans la société des singes, dans un esprit borné. Les chimpanzés sont les scientifiques, avec une intelligence technique et une forme d'idéalisme, alors que les orangs-outans détiennent le pouvoir politique et religieux, et sont manipulateurs. Effectivement, il est impossible de ne pas projeter nos propres particularités dans les expressions de nos plus proches cousins, trop ressemblantes aux nôtres pour rester insensibles. On se souviendra aussi du personnage du roi Louis dans le film de Walt Disney, Le livre de la jungle.

Aire de répartition des orangs-outans
Aire de répartition des orangs-outans

Ce n'est pas à des vieux singes que...
Si les archives fossiles ont montré qu'il y avait autrefois des orangs-outans dans plusieurs pays asiatiques, il ne reste actuellement que l'orang-outan de Sumatra et l'orang-outan de Bornéo. Il ne resterait que 7000 individus sur l'île de Sumatra alors qu'environ 50 000 individus se partagent les parcelles de jungle qui subsistent sur Bornéo.
Les orangs-outans sont considérés comme une espèce menacée et en conséquence sur la liste rouge de l'UICN, mais ce classement n'a aucun effet sur les activités locales. La déforestation avance à grands pas en Indonésie et en Malaisie, aussi bien pour l'exploitation du bois que pour la production d'huile de palme. Des surfaces gigantesques se transforment en parcelles de culture organisée et artificialisée, empêchant toute vie animale associée à la jungle.
Ces activités sont parfois légales, mais souvent totalement hors-la-loi, et financées à grands renforts de pots de vin. Pour la seule Indonésie, on considère que des milliards de dollars sont perdus chaque année pour l'état, en raison des dirigeants corrompus. Dans ces conditions, la survie de l'espèce de Sumatra est pratiquement impossible.
Celle de Bornéo va peut-être avoir un meilleur sort, avec des zones de protection. Sans ces zones de protection, on pense qu'il reste 10 ans à vivre pour cette espèce, du moins dans des conditions naturelles. Notons qu'il existe déjà des parcs naturels, théoriquement intouchables, mais dans les faits exploités illégalement.
Il faut ajouter à cela une chasse illégale pour la chair, mais surtout pour le trafic de jeunes orangs-outans, vendus à des pays étrangers comme animal de compagnie. Et les incendies, volontaires ou pas, qui piègent les animaux et qui détruisent les milieux.

Etymologie

Premier prix d’acrobatie à l’école maternelle du centre de réimplantation de SEPILOG
Premier prix d’acrobatie à l’école maternelle du centre de réimplantation de SEPILOG

Le terme français orang-outan est à peine modifié par rapport au nom de son aire d'origine, orang hutan, (orang = homme, hutan = fôret) qui veut dire l'homme de la forêt en Malais.
Le nom scientifique de genre Pongo vient du congolais « mpongo » pour désigner les gorilles et autres grands singes. Le nom scientifique d'espèce pygmaeus veut dire pygmée. Pygmée qui vient du grec signifiant « grand comme une coudée » qualifie mal l'orang-outan, qui est le plus grand des mammifères arboricoles.

Les synonymes
Il était autrefois appelé jocko mais ce terme n'est plus utilisé. On notera que le nom anglais est ourangutan.

Où rencontrer des orangs-outans ?

L’homme de la forêt
L’homme de la forêt

Il faut se rendre dans les parcs nationaux de Sumatra ou de Bornéo.
Rappelons que la partie nord de l'île de Bornéo, Sarawak, appartient à la Malaisie, alors que la partie sud, Kalimantan, est indonésienne.
Les deux états ont mis en place des zones qui sont supposées protéger l'espèce, mais elles sont insuffisantes, et l'interdiction d'exploiter le bois n'est de toute façon pas respectée dans les faits.

La vie d’un bébé orang-outan au centre de SEPILOG est un long apprentissage
La vie d’un bébé orang-outan au centre de SEPILOG est un long apprentissage

Comment aider les orangs-outans
Il existe des associations dont le travail commence à être efficace.
En France, Hutan, sous l'égide du zoo de la Palmyre, oeuvre efficacement pour la sauvegarde des milieux et la réintroduction après rééducation à la vie sauvage de jeunes orangs-outans.
En liaison avec cette association le Centre SEPILOG, à Sabah en Malaisie, accueille et rééduque parfois pendant des années des jeunes orphelins, récupérés auprès des villageois, aux réalités du monde de la jungle de Bornéo.
Pour ceux qui aurons la chance de voyager dans cette région de la Kinabatang river, il est conseillé d'insister pour visiter un centre identique mais beaucoup plus discret consacré aux singes nasiques, eux aussi victimes des mêmes turpitudes.

Une note optimiste
A Sepilog, en Malaisie, comme au parc Gunung Leuser à Sumatra en Indonésie, l'accent est mis auprès des populations locales pour faire cesser le trafic en insistant sur le fait qu'un orang-outan sauvage rapporte plus à l'économie locale, grâce au flux touristique qu'il génère (guide, transports, hôtel) que n'importe qu'elle forme de braconnage.

Article réalisé par Arnaud Filleul et Jean-Pierre Fleury.

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