Cancer du sein : la mammographie remise en question

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Un rapport publié le 1er avril aux États-Unis par le Brigham and Women’s Hospital indique que les avantages de la mammographie seraient surestimés, tandis que les risques seraient sous-estimés.

La mammographie est une radiographie des seins qui permet entre autres de dépister le cancer du sein. Pourtant, alors qu’elle est considérée comme un test efficace, une étude du Brigham and Women’s Hospital, publiée le 1er avril aux États-Unis, vient remettre ses avantages en question. Le point sur ce qui est reproché à cette technique.

Une tendance au sur-diagnostic

D’après les auteurs de l’étude, le principal danger de la mammographie réside dans le surdiagnostic. Le Dr Keating, co-auteur du rapport, indique qu’une partie des cancers dépistés n’auraient pas été diagnostiqués sans mammographie car ils n’auraient jamais pu évoluer. Par conséquent, ces cancers n’auraient pas nécessité de traitement puisqu’ils ne se seraient jamais manifestés au cours de la vie de la femme.

Des résultats faussement positifs

Dans plus de la moitié des cas, les résultats des mammographies sont faussement positifs et requièrent d’avantage de tests, parmi lesquels 20% de biopsies qui sont inutiles. D’après une étude suisse, cela rendrait le rapport coût-efficacité très défavorable. Cette conclusion est toutefois contestée par l’Office fédéral de la santé publique.

Un impact limité

De nombreux pays occidentaux ont mis en place des programmes de dépistage du cancer du sein en se fiant à des études montrant une baisse de la mortalité. Toutefois, l’étude montre que les femmes ayant subi des mammographies annuelles pendant cinq ans n’avaient pas moins de risques de mourir que celles qui n’avaient subi qu’un examen physique.

Pour les auteurs de l’étude, les politiques de dépistage par mammographie devraient donc être revues dans les pays développés.

Sources : L’Express, Brigham and Women’s Hospital, Swiss Medical Board