L’Europe ne souhaite pas suspendre Diane 35

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Alors que dès aujourd’hui la pilule Diane 35 n’est plus disponible dans les pharmacies en France. L’Agence européenne des Médicaments (EMA) a récemment estimé qu’il y a plus de bénéfices que de risques à la prise de ce traitement pour certaines catégories de patientes. En attendant l’avis définitif de la Commission Européenne, le ministère de la Santé a démarré une nouvelle campagne sur la contraception. Il souhaite sensibiliser les patientes sur d’autres moyens contraceptifs, le recours à la pilule étant systématique chez les Françaises.

Jugées responsables de risque thrombo-emboliques, les pilules de 3ème et de 4ème génération avaient été largement remises en cause  et avaient vu leurs ventes s’effondrer en conséquence.  

C’est la pilule Diane 35 qui était dans le viseur des autorités sanitaires françaises. Commercialisé par le laboratoire Bayer, ce traitement anti-acnéique utilisé également comme contraceptif oral aurait causé près de quatre décès en l’espace de 25 ans. Le rapport risque/bénéfice de Diane 35 était alors jugé défavorable en raison du risque de thrombose veineuse d’après une étude danoise de 2011. En conséquence, l’ANSM s’était prononcé en faveur de sa suppression au début de l’année.

Plus de bénéfices que de risques pour certaines patientes

Alors qu’elle disparaît des rayons de nos pharmacies à partir du 21 mai, l’Agence européenne des Médicaments est réticente face à la suspension de la commercialisation de ce traitement. Selon un rapport publié le 17 mai, elle estime que ce traitement contraceptif ne comporterait pas de risques pour "certaines catégories de patientes". Ce traitement devrait être réservé à certaines femmes en âge de procréer dans le but de traiter une acné modérée ou sévère. Le rapport publié indique également qu’il ne faudra pas additionner de second traitement contraceptif à celui-ci.

En attendant la décision finale de la Commission Européenne, la France maintient la suppression de Diane 35.

Un recours à la pilule trop systématique

Cet avis intervient justement au début de la campagne de communication du ministère de la Santé. La ministre Marisol Touraine souhaite inciter les femmes âgées de 15 à 30 ans à s’informer sur les onze autres différents moyens contraceptifs.

La France serait l’un des pays où le moyen de contraception le plus utilisé serait la pilule, les femmes y auraient systématiquement recours. Pour preuve : on estime que 55 % des Françaises en ferait usage.

En plus d’être un moyen de contraception où le plus de grossesses non désirées surviennent, la plupart des femmes le choisissent sans prendre en considération leur mode de vie et leurs antécédents médicaux. Pour Jean Luc Harousseau, président de la Haute Autorité de santé, cette campagne se passe également au niveau du corps médical, les médecins doivent mieux informer leurs patientes, et adapter le bon contraceptif selon les besoins.

Dans le but de sensibiliser et de modifier les attitudes des femmes, la campagne "la contraception qui vous convient existe" se déroulera sous forme digitale ou à la radio du 18 mai au 6 juin. Une deuxième campagne sera également prévue au mois de septembre.

Sources : Le Figaro ; Le Monde