Le groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) change de nom pour Kering

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Le groupe de François-Henri Pinault, baptisé PPR d'après les initiales des marques qu'il détient - Pinault, Printemps, Redoute - va changer son nom pour Kering, un jeu de mots entre la base verbale anglaise to care - qui signifie soigner, s'occuper de - et le mot breton ker qui signifie maison. Cette décision correspond à une volonté de changement à la tête du groupe, qui veut s'orienter vers le cœur de son activité - le luxe et l'équipement sportif - et délaisser les activités de distribution.

Cette réorientation stratégique a commencé avec l'annonce, en 2009, de l'abandon des enseignes Conforama et la Fnac, ainsi que la vente de la société Redcats, qui possédait La Redoute. La grande distribution, jugée trop compliquée à développer à l'étranger, a été délaissée au profit des marques de luxe, comme Gucci, et de sport, comme Puma. C'est ainsi que le groupe s'est séparé de l'enseigne Conforama fin 2010, et qu'il s'apprête à mettre la Fnac en Bourse courant 2013. L'introduction de la chaîne de grande distribution de produits culturels pourrait être gênée par les faibles résultats d'activité de ces dernières années, mais cette solution est la seule envisageable pour se débarrasser de ce secteur dont PPR ne veut plus, alors qu'aucun repreneur ne s'est manifesté.

Une réorientation vers les secteurs les plus profitables

En abandonnant le secteur de la distribution, pour se concentrer sur son cœur de métier, ainsi qu'en changeant de nom, le groupe PPR entend reprendre la main sur son image de marque, renouer avec la croissance exponentielle et s'implanter là où le marché se concentre : dans les pays riches (Emirats Arabes Unis, Dubaï), et émergents (Chine, Russie, Brésil), où la demande de luxe a explosé. En cherchant à constituer un pôle sport et équipement de luxe, le groupe a fait un choix qui devrait renforcer sa profitabilité à moyen terme : des marges d'exploitation plus intéressantes, des coûts de revient plus faibles, et surtout un secteur qui correspond à l'activité centrale du groupe depuis 1999. François-Henri Pinault a d'abord investi dans la distribution, en achetant Conforama en 1991, le Printemps en 92, la Fnac et la Redoute en 94, puis dans le luxe avec Gucci, Yves St-Laurent et Sergio Rossi en 1999.

Dans le nouveau nom "Kering" la référence au mot Care n'est pas accidentelle : c'est une façon d'affirmer l'importance "des valeurs fondamentales du groupe, dont l'empathie" selon M. Pinault. Le nouveau logo sera une chouette aux yeux rieurs, au visage en cœur. PPR a déjà changé quatre fois de nom depuis son introduction en Bourse en 1988. D'abord Pinault SA, le groupe est ensuite devenu Pinault-Printemps en 92, puis Pinault-Printemps-Redoute lors de l'achat de La Redoute. Le 18 mai 2005, il change son nom pour l'acronyme PPR, après avoir vendu, entre 2002 et 2004, ses activités de distribution professionnelle (l'activité historique de la famille Pinault : bois et matériaux de base pour la fabrication de meubles).

Un repositionnement radical, et l'abandon de certains fondamentaux

Après avoir annoncé au début de l'année qu'il se séparait de La Redoute, et qu'il changeait de nom pour Kering, l'empire Pinault sera bientôt débarrassé de la Fnac, qui, par son histoire et son image, contribuait beaucoup à l'aventure PPR. "Kering est un nom qui a du sens. Un nom qui reflète les valeurs et la raison d'être du Groupe" affirmait François-Henri Pinault dans un communiqué du 22 mars 2013. Selon lui, ce changement de nom s'adresse surtout à l'interne, pour appuyer les nouvelles orientations stratégiques. "On s’appuie sur ce repositionnement pour dire qu’on a un nouveau projet et qu’il est tellement important que c’est une nouveau départ qui justifie un changement d’identité".

Aujourd'hui lundi 25 mars, le groupe Kering annonce son rachat de l'entreprise française "France Croco" une tannerie située à Périers (Manche), spécialiste du traitement des peaux de crocodile. Un premier pas vers la reconstitution d'un groupe de luxe d'envergure mondiale ?

                     

Sources : Bourse, Les Echos, La Tribune, France 3 Basse-Normandie