Porter un soutien-gorge, est-ce vraiment utile ?

Article mis à jour le 

Porté chaque jour par la plupart des femmes, le fameux soutien-gorge, censé aider à relever la poitrine, pourrait prochainement être remis en question. C'est en tout cas ce que pointe l’étude du docteur Jean-Denis Rouillon, de l’hôpital de Besançon. Pendant une quinzaine d’années, celui-ci a étudié l’évolution de la poitrine sans port de soutien-gorge. Le résultat est étonnant : ce "soutienn’en serait peut être pas un…  

Tout le monde connait évidement le soutien-gorge, sous-vêtement qui existe depuis l’Antiquité. Des bandes de tissus sous l’Empire Romain au corset porté du XVIème siècle au XXème siècle, ce n’est toutefois qu'à partir de 1904 que le terme de soutien-gorge apparait véritablement dans le dictionnaire. Censé soutenir la poitrine comme son nom l’indique, ce dispositif est depuis ce jour porté quotidiennement.

Or, il semblerait bien que cette croyance soit fausse : c’est néanmoins ce que l’étude du docteur Rouillon laisse entrevoir. Cette dernière a été réalisée à l’aide de 330 femmes volontaires. Débutée en 1997, l'étude a permis de mesurer l’évolution des poitrines de femmes sans soutien gorge.  Résultat : contrairement aux idées reçues, le sous-vêtement n’offrirait aucun avantage en termes de maintien de la poitrine, bien au contraire.

Un meilleur maintien sans soutien-gorge ?

Il semblerait en effet que l'absence de soutien gorge occasionne des bienfaits. Ainsi, comme le dévoile l'étude, la poitrine des femmes serait plus ferme et les vergetures n’apparaitraient pas.  De plus, l’idée que ce sous vêtement aiderait à relever la poitrine s’avèrerait faux : le mamelon se relèverait ainsi de 7 millimètres sans le port de ce dispositif, selon le docteur.

En plus d’un apport physique, on constate également un gain de confort, comme le confirme le témoignage d’une jeune femme interrogée par France Bleu Besançon. Cette dernière déclare avoir une meilleure respiration et moins mal au dos. Elle se tient par ailleurs plus droite depuis qu’elle n’en porte plus. En effet, en portant un soutien gorge, l’appareil suspenseur situé en haut du buste ne travaille pas correctement. Conséquence : nous compterions trop sur le soutien-gorge pour relever notre poitrine et serions moins attentives à adapter une meilleure posture.

Tout ceci s’expliquerait par notre dépendance au soutien-gorge.  Dès l’apparition de sa poitrine, la femme se hâte de porter un soutien gorge, ce qui empêcherait les tissus de soutien de se développer et entrainerait une dégradation des seins..

Une étude peu représentative

Cette étude préliminaire pose la question de l’intérêt du soutien gorge. Le docteur rajoute pour autant qu’il est dangereux de conseiller de ne plus porter de soutien-gorge, son étude étant peu représentative des femmes, d’autant plus que la structure des seins varie d’une femme à l’autre. Par exemple "une personne de 45 ans en surpoids et avec trois enfants n'a aucun intérêt à arrêter de porter un soutien-gorge" explique le docteur.

Son étude permet néanmoins de poser la question de l’intérêt de ce sous-vêtement. Cependant, il a une véritable importance dans la dimension sociale : son attrait esthétique et la symbolique féminine qui en émane en font un vêtement incontournable dans la garde robe de bon nombre de femmes.

Sources : France-Info ; Lemonde