Conduire enrhumé (beaucoup) plus dangereux que conduire alcoolisé ?

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La Science fait de nombreuses recherches et des études très variées sur de multiples sujets. Si certains scientifiques tentent de comprendre les mécanismes du cerveau, d'autres s'attaquent au métabolisme et à l'organisme. D'autres enfin se tournent vers les sujets sur lesquels personne ne s'interroge, comme les effets du nez encombré sur le cerveau, dont les résultats d'expérience et d'analyse, parus le 26 février dernier, sont étonnants.

Tous les accidents de la route ne sont pas provoqués par un état d'ébriété. Dans la majeure partie des cas, la cause est une diminution des réflexes provoquée par l'alcool, la fatigue, le stress ou autres cas d'hypovigilance, et dans une moindre mesure, la perte de contrôle du véhicule. Or beaucoup de victimes d'accidents ou d'accrochage ont un point commun : ils sont malades.

L'expérience, menée par des chercheurs de l'université de Cardiff (Pays de Galles), a mis en jeu une cinquantaine de personnes, en parfaite santé générale mais toutes enrhumées (pas de maladie, dérèglement neurologique type Alzheimer, ni de traitement en cours). Les tests ont été effectués deux fois, afin de comparer les prestations de chaque personne dans un état "sain" et dans un état "enrhumé" non soigné. En effet, certains médicaments contre le rhume ou la grippe peuvent avoir de lourds effets sur l'organisme et diminuer les réflexes, mettant en jeu la sécurité routière et faussant alors les résultats de l'expérience. Ainsi, les "enrhumés" avaient un temps de réaction supérieur aux personnes complètement saines, c'est-à-dire des réflexes diminués. La différence est de 36 millisecondes. Ce chiffre ne parlant absolument pas, un repère est requis : un homme ayant bu 3 ou 4 pintes de bière soit 1,5L ou 2L de bière, a un retard de réflexe de…. 15 millisecondes.

Une femme enrhumée

Des symptômes diminuant la vigilance

Un homme un peu éméché serait donc plus réactif qu'un homme sobre mais enrhumé. En effet, le cerveau comme le corps luttent contre la maladie, et les réflexes en sont diminués. De plus, en étant enrhumé, les yeux sont souvent brouillés ou mi-clos, l'éternuement est imminent, l'esprit est gêné et la concentration est alors plus difficile. Et quand l'éternuement arrive, le conducteur est aveuglé, déconcentré, et risque de changer de trajectoire et provoquer ainsi un accident. Les gens enrhumés réduisent la distance de sécurité, oublient de freiner, et plus le rhume est gros, plus l'effet négatif s'accroit !

Par rapport aux réflexes d'une personne en bonne santé, les réflexes d'une personne enrhumée sont trois fois moindres. Le professeur Andrew P. Smith, cerveau de cette étude, s'inquiète : "Les gens qui conduisent avec un rhume doivent connaître les risques". Effectivement, quand on y songe, entre novembre et mars, c'est comme si les conducteurs étaient tous en état d'ébriété.  

Soigner le rhume par la bière

Inévitablement, une question se pose : alors que la loi autorise 2 bières pour prendre la route, que se passerait-il si un homme enrhumé en buvait ne serait-ce qu'une ? Aussi étrange que cela puisse paraitre, un autre laboratoire s'est interrogé, en décembre dernier, sur les effets de la bière sur le rhume. Les résultats de cette étude de l'Université Médicale de Sapporo, indiquent que le houblon, base de la bière, développerait une molécule : la humulone qui, en grande quantité, guérirait le rhume et le virus respiratoire syncytial (RS). Ce virus, qui se propage en hiver,  peut provoquer de graves pneumonies chez les enfants et des symptômes de rhume chez les adultes. Cependant, le docteur Jun Fuchimoto parle d'une trentaine de cannettes (30x33cl : 990 cl) soit 10 litres de bière.

Connaissant désormais les taux nécessaires à l'agissement de cette molécule et la proportion de développement de celle-ci dans la fermentation du houblon, le laboratoire japonais s'est lancé dans la conception d'une boisson sans alcool et d'aliments divers qui regrouperaient les qualités vertueuses de la humulone.

Sources : AFP ; Résultat d'étude de A. Smith.