Facebook, ce nouveau moyen de détection de l'alcoolisme

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Pour un étudiant qui, chaque week-end, poste sur Facebook ses photos de soirée de la veille, dans des boîtes de nuit toujours plus grandes, dans un état toujours plus alcoolisé, il ne s'agit que de faire partager à ses amis un de ses hobbies favoris. Il en va de même pour celui qui "like" telle marque de bière, de whisky ou de vodka. C'est autant de signes et d'indices sur les différents profils d'étudiants addicts à l'alcool, ou en bonne voie pour l'être prochainement, d'après une étude américaine.

Facebook, ce lieu virtuel dans lequel tout le privé devient public, serait, selon une étude des chercheurs de Seattle, un excellent moyen de découvrir les profils de futurs alcooliques. Partant du principe que l'on poste sur Facebook ce qui constitue notre quotidien et nous relie avec nos amis, les étudiants qui parlent le plus d'alcool seraient, hypothétiquement, des alcooliques en puissance.

Parler d'alcool serait un indice de futur alcoolisme ?

Les chercheurs de Seattle ont interrogé 338 étudiants de première année des universités de Washington et du Wisconsin, et leur ont fait passer des tests d'addiction à l'alcool. Parmi eux, 22 présentent des signes d'addiction. Les scientifiques se sont alors penchés sur leur profil Facebook. Plus d'un étudiant sur trois parle fréquemment d'alcool, mais un seul reconnaît avoir une addiction.

Finalement, à la fin de l'étude, lors de leur entrée en deuxième année, seulement 3 étudiants ne font pas d'allusion à l'alcool sur leur mur Facebook, et plus de la moitié fait mention d'une addiction dans ses statuts. Megan Pumper, chargée de l'étude, explique que grâce à ces signes, ces étudiants pourraient être pris en charge plus rapidement, car, tout en respectant leur vie privée, l'accès à leur sphère intime est d'une grande aide pour dépister et aider très tôt ceux qui en ont le plus besoin.

Or, à l'échelle d'un pays, la tâche est impossible. Cependant, elle peut être envisageable si les conseillers d'orientation, par exemple, se chargent d'analyser les différents rapports que les étudiants ont avec l'alcool. C'est ce que Pumper conseille. Cependant, rien n'indique que les informations transitant sur les profils Facebook des étudiants soient réelles.

Une fête étudiante dans un wagon de train

Profils Facebook : quelle garantie de véracité ?

Selon Pumper, "ces profils ne sont pas séparés de votre vie, ils sont juste une autre couche", autrement dit, même si l'information est inexacte, le rapport entre la personne et la situation existe bel et bien. Un adolescent qui posterait qu'il adore l'alcool alors qu'il n'en a jamais bu démontre que sa relation avec l'alcool risque de devenir dangereuse, à cause de l'idée et de l'image qu'il a de l'état d'ébriété.

Le problème dans cette étude est encore une fois le même problème que l'on retrouve avec Facebook. Si ces chercheurs veulent réellement aider ces étudiants, grand bien s'en fasse. Cependant, la dimension plus sombre réside dans un lien tacite que chacun risque de faire : un étudiant qui poste des avis positifs sur l'alcool serait un alcoolique en puissance. Néanmoins, ça l'est dans la majorité des cas selon Igan Manskopf, de l'hôpital pour enfants de Seattle : "S'ils likent  Budweiser ou d'autres boissons alcooliques, c'est un indice qu'ils en consomment ou ont l'intention d'en consommer".

Aussi, une mise en garde générale est de mise : afin de pas tomber dans l'excès, d'un coté comme de l'autre, évitez de poster des commentaires trop sensibles et radicaux sur l'alcool, qui pourraient, à tord, vous classer dans une mauvaise catégorie. A contrario, un amateur de spiritueux n'est pas forcément un pilier de bar. De plus, un étudiant qui sort toutes les semaines n'est pas voué à sombrer dans l'alcoolisme. Cependant, mieux vaut être attentif aux messages de vos enfants, car si les scientifiques ont compris une chose au terme de cette étude de 4 ans, c'est comment se fait le virement vers l'alcoolisme : petit à petit, et dès les premières années de consommation.

Sources : komonews ; pulse.seattlechildrens.org