Les jeux vidéo, un bon moyen de booster sa matière grise ?

Article mis à jour le 

Non, il n'est pas ici question d'un sondage se fondant sur les avis des gamers mais d'une étude publiée dans la prestigieuse revue Molecular Psychiatry, il y a quelques semaines. Résultat : les jeux vidéo développeraient le cerveau.

Exit les idées reçues assimilant les jeux vidéo à des programmes nocifs pour le cerveau et poussant à la violence, des scientifiques allemands issus de l'institut Max Planck (Cologne) et de l'université de médecine St. Hewig- Krankenhaus (Berlin) sont parvenus à une conclusion étonnante. Au cours de leur étude, ces derniers ont observé un groupe de 23 personnes jouant une trentaine de minutes chaque jour à Super Mario 64. Ensuite, les cerveaux des "gamers" ont subi une IRM (Imagerie par résonance magnétique) afin d'être comparés à ceux d'un autre groupe de personnes ne jouant pas aux jeux-vidéo.

Le résultat est flagrant : les habitués des aventures du petit plombier made in Nintendo ont bel et bien développé leur matière grise et même augmenté le volume de leur cerveau par le biais du jeu, et ce nettement plus que les non-joueurs. Par ailleurs, le fait de jouer régulièrement a généré beaucoup de plaisirs chez les 23 joueurs, qui à grand renfort d'enthousiasme ont aussi amélioré leur mémoire, la motricité de leurs mains et leur reflexes stratégiques.

La solution pour combattre les maladies neurodégénératives ?

Comme le met en évidence Simone Kühn, scientifique en charge de l'étude, on savait jusqu'à présent que la pratique des jeux vidéo entraînait la création de structures cérébrales particulières. Mais ce que l'on ignorait, c'est que c'est le temps consacré aux jeux vidéo qui débouche sur une plus importante vivacité du cerveau.

Selon les spécialistes, cette découverte pourrait donner lieu à de nouveaux traitements, ouvrant notamment une voie vers les traitements contre la schizophrénie, les troubles du stress post-traumatiques ou encore les maladies neurodégénératives de type Alzheimer. À noter toutefois que les jeux vidéo ne doivent pas encore être considérés comme un remède miracle : dernièrement, des chercheurs ont établi que les joueurs s'exposaient à des risques de surpoids et de dépression.

L'idéal est donc de jouer aux jeux vidéo, mais avec modération.

Sources : Nature, Polygon, Molecular Psychiatry