Pourra-t-on prochainement emprunter un ascenseur spatial ?

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Selon une étude récente, l'ascenseur spatial, ce projet un peu surréaliste consistant à tendre un câble entre la Terre et une station en orbite à 36 000 kilomètres, serait à l'heure actuelle "faisable" et envisageable.

Un rapport diffusé par le site Space et réalisé par des experts venus du monde entier sous la houlette de l'International Academy of Astronautics (IAA) met en évidence que les risques relatifs à la construction et à l'utilisation de l'ascenseur spatial sont dépendants du progrès technologique et d'une concertation internationale de première envergure. Mais au-delà de ces limites, une telle construction serait "faisable".

Et Space.com de rappeler que le projet d'ascenseur spatial n'est pas une nouveauté : ainsi, une telle réflexion remonterait à 1895. Année au cours de laquelle elle aurait été évoquée par le pionnier spatial russe Konstantin Tsiolkovsky, qui suggérait alors la construction d'une tour dressée depuis la surface de la Terre vers les hauteurs d'une orbite géostationnaire située à quelque 35 786 kilomètres de là.

Aussi, l'écrivain de science-fiction Arthur C.Clarke vantait lui aussi cette structure titanesque qui n'est pas sans rappeler la tige de Jack et le haricot magique. L'auteur de 2001 : l'Odyssée de l'espace et de La Fontaine du Paradis estimait ainsi en 2003 que l'ascenseur spatial serait construit dans moins de deux décennies.

Encore quelques réserves de la part de la communauté scientifique

Même si les spécialistes à l'origine de la nouvelle étude considèrent que certaines découvertes récentes, à l'instar des nanotubes de carbone ou des cellules photovoltaïques, permettrait la construction de l'ascenseur spatial, d'autres se montrent plus sceptiques. Il y a un an, le site io9 listait notamment les freins s'opposant à cette concrétisation, telles les vibrations trop violentes auxquelles le câble serait confronté, sans oublier les allers-retours  incessant des nacelles, les débris spatiaux (satellites, etc.) et les risques d'attentats.

Pire : il n'existerait à l'heure actuelle aucun matériau assez solide pour mettre au point ledit câble. Et de souligner que le plus grand câble de nanotubes jamais construit ne dépasse pas les quelques centimètres et le nanomètre d'épaisseur. Résultat, il reste encore du pain sur la planche. Et Terry Pratchett d'enfoncer le clou dans son livre La Science du Disque-monde : pour obtenir une dizaine de centimètres de diamètre au sol, la structure en acier devrait disposer de 4 milliards de km au sommet.

Des perspectives toutefois optimistes

Si les limites d'un tel projet semblent évidentes, reste néanmoins des perspectives envisageables : deux équipes de la NASA ont ainsi réalisé en 2011 des études de faisabilité concluant qu'une telle entreprise, sur le plan technologique, est possible. À condition cependant que les efforts financiers nécessaires soient au rendez-vous. Google pourrait-il participer à ces efforts ? Rien ne permet de l'affirmer, mais le géant a consacré pas moins de 7 milliards de dollars à la recherche et au développement en 2012. Et certaines rumeurs maintiennent que la firme de Mountain View réfléchirait vraiment au projet d'ascenseur spatial au sein de son laboratoire Google X.

Google continue en tout cas d'alimenter le mythe en affichant des plans du projet dans les couloirs de son centre de recherche, comme le montre un reportage de Bloomberg. De quoi faire rêver bon nombre d'aficionados de SF…

Sources : io9, Slate lemouv, BusinessWeekBloomberg