Une pieuvre... des poulpes

Par : Jean-Pierre Fleury - fiche pratique
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pieuvre milieu rocheux

Pieuvre dans un milieu rocheux

La pieuvre de nos côtes, également appelée poulpe, est un animal étonnant, au contact étrange. Il faut dire qu'elle a de qui tenir, tous les membres du groupe des octopodes sont des animaux extraordinaires.


Comment reconnaître la pieuvre ?

Description
La pieuvre, Octopus vulgaris, présente les caractéristiques classiques de la famille des octopodidés.
Le corps est dépourvu de coquille interne, ce qui donne au manteau une apparence flasque lorsque l'animal est hors de l'eau. Mais une fois la pieuvre dans son milieu, l'eau envahit la cavité palléale, et le manteau apparaît gonflé. Le manteau prend alors une forme globuleuse et ressemble à une sorte de tête posée sur 8 bras.
En fait de tête, le manteau contient l'intégralité des organes internes, y compris les branchies et la poche d'encre.
Les deux gros yeux sont perfectionnés, les céphalopodes ayant en général une très bonne vision. La mise au point ne se fait pas comme chez la plupart des animaux par déformation du cristallin, puisque celui-ci est mobile et la netteté de la vision s'obtient par un système compliqué de déplacements antéropostérieurs.

Le poulpe, comme les autres octopodes, possède 8 bras, mais pas de tentacules. Les bras présentent ventralement des rangées de ventouses.
Entre les bras se trouve l'ouverture buccale, armée d'un bec chitineux.
Le poulpe peut se propulser en projetant de l'eau par son siphon, un organe tubulaire qui prolonge antérieurement le manteau. C'est également par le siphon que l'encre est projetée. Le corps du poulpe a un aspect verruqueux, et sa couleur est très variable. En effet, cet animal possèdent des chromatophores, des cellules pigmentaires qui lui permettent d'arborer une multitude de robes.

pieuvre ventouses
Les bras du poulpe sont armés de ventouses

Taille
Difficile de mesurer un poulpe de façon fiable. Le plus simple est de considérer la taille du manteau. Celui-ci ne dépasse guère 35 centimètres pour le poulpe de nos côtes. L'ensemble du corps, bras et manteau, peut atteindre 1 mètre.

Longévité
Les pieuvres vivent rarement plus de 3 ans. Comme la plupart des céphalopodes, certaines espèces de pieuvre ne vivent que seulement 6 mois. Même chez les très grandes pieuvres, comme la pieuvre géante du Pacifique, une longévité supérieure à 5 ans n'a jamais été observée. Les pieuvres subissent en effet une grande mortalité après la reproduction, surtout les femelles qui passent rarement deux cycles reproducteurs. Chez la plupart des espèces, la femelle meurt presque immédiatement après avoir gardé les oeufs, et le mâle quelques mois au maximum après l'accouplement.

Ethologie de la pieuvre

Les pieuvres, et les mollusques en général, fixent l'oxygène grâce à une protéine appelée hémocyanine, qui remplace l'hémoglobine des vertébrés. L'hémocyanine n'est pas transportée par des globules rouges, elle est directement diluée dans le liquide plasmatique du corps, et donne au passage une couleur bleue au "sang" des pieuvres.

Alimentation
Les études de contenus stomacaux ont montré que la moitié des proies consommées étaient des crabes, qu'un quart étaient des poissons, notamment des jeunes sparidés en Méditerranée. Le quart restant est composé d'animaux de taille modéré passant à sa portée, y compris d'autres céphalopodes. La pieuvre ne possède pas les deux longs tentacules que les calmars et seiches projettent sur leurs proies, mais les bras des pieuvres sont suffisamment habiles et rapides pour attraper n'importe quel crabe. Ce sont aussi d'extraordinaires outils pour aller chercher une proie dans la moindre anfractuosité. Au final, les pieuvres sont merveilleusement adaptées à la prédation en milieu rocheux.

Activité
On rencontre le poulpe sur tout le plateau continental, mais en général à moins de 100 mètres. Il peut se rencontrer tout près du bord, au point qu'il arrive de le capturer accidentellement lorsqu'on pêche à la ligne. On l'approche aisément en plongée, parfois dans très peu d'eau, même lorsqu'on a pied. Son corps visqueux et flasque lui permet d'entrer dans n'importe quelle cavité rocheuse, pour s'y cacher, ou pour chasser sa nourriture. Il est difficile de sortir un poulpe coincé dans une fissure. Si ce mode de vie protège le poulpe de la plupart des prédateurs, il reste menacé par des poissons adaptés eux-mêmes à la vie dans les rochers, comme le congre et la murène.

Poulpe seuil abri roche
Poulpe au seuil de son abri rocheux

Tenue camouflée
Les pieuvres sont des championnes du camouflage. Leur tégument est recouvert de cellules pigmentaires, les chromatophores, qui en se rétractant ou s'élargissant, font varier les coloris comme le patron de coloration de l'animal. Il existe des cellules de différentes couleurs, on leur donne souvent un nom en fonction de leur pigment : mélanophores (noir), leucophores (blanc), ou encore iridophores pour des propriétés réflectrices.

Une déesse à 8 bras

pieuvre huit bras
Une pieuvre à 8 bras

Les bras sont d'une agilité remarquable, mais leur habilité ne provient pas d'une action planifiée du cerveau. Le cerveau de la pieuvre est incapable de réellement contrôler l'intégralité des actions exécutées par ses innombrables ventouses et ses 8 bras. Une pieuvre peut saisir la proie de ses bras, mais la plupart des mouvements qui s'ensuivent sont réflexes. De même, la pieuvre ne peut pas traiter les informations qui proviennent de tous ses bras et ventouses. Elle ne peut pas créer une image mentale de ce qu'elle touche, seules des informations simples, comme le contact au toucher, sont enregistrées.

Reproduction
La reproduction a lieu de mai à octobre selon les régions et suit les mêmes modalités que chez de nombreux céphalopodes. C'est le mâle qui dépose les spermatophores dans le corps de la femelle, grâce à un bras transformé, le bras hectocotyle.

Les oeufs sont fixés en groupe sur le fond et reçoivent des soins de la part de la femelle. Elle les couvre, et par des mouvements de contraction du manteau, elle les oxygène. La durée d'incubation dépend de la température de l'eau, environ 1 mois dans notre pays.

La reproduction est souvent fatale pour ces animaux. La femelle ne s'alimente pas pendant qu'elle surveille les oeufs, et meurt le plus souvent une fois les oeufs éclos. Le male survit un temps variable après l'accouplement, rarement plus de quelques mois. Si les mâles ont une espérance de vie supérieure aux femelles, ils ne dépassent guère 3 ans.



Article réalisé par Arnaud Filleul.

 

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