Notre sélection des meilleurs films de pirates

Pirates des Caraïbes © Walt Disney Pictures
Pirates des Caraïbes © Walt Disney Pictures
Envie de prendre le large en compagnie des pirates les plus impitoyables de l'histoire du cinéma ? Voici la sélection Pratique.fr des meilleurs longs métrages du genre.


Le film de pirates, sous genre du cinéma d'aventure

Dans un premier temps, précisons que le film de pirates n'est qu'un des nombreux sous-genres du film d'aventures. Ce dernier a la particularité de mettre en scène une figure connue de tous : le pirate, symbole de la liberté, de l'indiscipline et de la rébellion. Avec lui, un décor immense à la mesure de son indépendance : la mer et les océans. Tout comme l'explorateur et le justicier, il s'agit d'une des grandes figures du film d'aventure. On trouve, charriés dans son sillage, les thèmes de la jeunesse, de la transgression et de l'héroïsme. Ce dernier est nécessairement sans patrie, orphelin et ne possède pas de biens propres. Bien souvent, il s'agit à la base d'un honorable citoyen qui est devenu un bandit par la force des choses (cf. Capitaine BloodPavillon Noir, etc.). Parmi les ingrédients indispensables de ce type de long métrage : combats à l'épée, abordages, recherches de trésors cachés, mais également histoires d'amour.

Au même titre que le péplum quelques années plus tard, le film de pirates semble, du moins des années 1930 aux années 1950, un passage obligé pour les réalisateurs en quête de notoriété. En l'espace d'un peu plus d'une décennie, de nombreux metteurs en scène de légende s'essaieront ainsi au genre : on retrouve parmi eux Michael Curtiz, Cecil B. DeMille, Vincente Minnelli, Jacques Tourneur ou encore Raoul Walsh. De L'Ile au Trésor à Pirates des Caraïbes en passant par La Flibustière des Antilles, voici notre sélection des meilleurs films de pirates.

L'Ile au Trésor, de Victor Fleming

1765. Jim Hawkins, un jeune garçon dont la mère tient la taverne L'Amiral Benbow, se lie d'amitié avec un vieil ivrogne nommé Billy Bones. A sa mort, le vieux capitaine lui lègue une mystérieuse carte au trésor indiquant l'emplacement du butin caché par un certain Flint. Avec le chatelain Trelawney, le docteur Livesey et le capitaine Smollett, Jim embarque à bord du bateau L'Hispaniola, en direction de l'île au trésor. Parmi les membres d'équipage, un cuisinier énigmatique à jambe de bois appelé Long John Silver. Peu de temps après être devenu son ami, Jim l'entend parler d'une mutinerie avec les matelots…

De toutes les adaptations du roman L'Ile au Trésor écrit par Robert Louis Stevenson, la version de Victor Fleming est la plus réussie. Plus de trois-quarts de siècle après sa sortie, l'expérience se révèle toujours aussi truculente. Dans la peau de Long John Silver, l'acteur Wallace Beery est sensationnel : il parvient idéalement à installer une dualité dans son personnage. D'une part, il interprète à la perfection le malfaiteur, de l'autre il réussit à se rendre presque attachant. Contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer, le réalisateur Victor Fleming est à classer parmi les entertainers : au même titre qu'un Spielberg ou un Lucas, il livre avant tout un divertissement, néanmoins intelligent. On sent dans la mise en scène que nous ne sommes qu'au tout début du parlant : les plans fixes et le jeu burlesque des acteurs rappellent en effet nettement l'héritage du cinéma muet. Un incontournable, pour petits et grands. À noter que le metteur en scène Victor Fleming réalisera quelques années plus tard deux films légendaires : Le Magicien d'Oz et Autant en emporte le vent.

Capitaine Blood, de Michael Curtiz

Capitaine Blood © Warner Bros
Capitaine Blood © Warner Bros

Le docteur Peter Blood est un médecin très consciencieux. Un jour, il porte secours à un blessé qui se trouve en réalité être un hors-la-loi. Arrêté par les forces de l'ordre, il est condamné à l'esclavage dans les Indes Occidentales. En Jamaïque, il rencontre la jeune Arabella Bishop, dont l'oncle est un impitoyable exploitant de plantation. Bientôt, Blood et quelques-uns de ses camarades se soulèvent et prennent possession d'un bateau espagnol. Désormais sans patrie et sans un sous en poche, Blood décide de devenir un pirate et se dirige vers l'île de Tortuga.

Au cours des premiers pas du cinéma parlant, le cinéma d'aventures (et plus notamment le cinéma de pirates) occupe une place capitale. Parmi eux, Capitaine Blood, adaptation du roman de Rafael Sabatini, fait figure d'icône. Un an après la sortie de Les Révoltés du Bounty, qui fait alors le bonheur du studio MGM, les frères Warner espèrent rencontrer le même succès avec Capitaine Blood. C'est bientôt chose faite. Mais la réussite du film n'est pas étrangère à la qualité de l'ouvrage dont il s'inspire : Sabatini est, au même titre que Robert Louis Stevenson, l'une des références de la littérature anglo-saxonne dans le domaine de l'aventure. Première chose notable concernant Capitaine Blood : il s'agit d'une adaptation on ne peut plus fidèle. Interprété par le célèbre Errol Flynn (dont s'inspirera Johnny Depp quelques décennies plus tard), le docteur Blood devient par la force des évènements un héros malgré lui. Contrairement aux idées reçues, le réalisateur Michael Curtiz (cf. Les Aventures de Robin des Bois, Casablanca, etc.) n'est pas seulement un réalisateur de films populaires, c'est avant tout un brillant metteur en scène. Dans Capitaine Blood, la maîtrise du cadrage est d'ailleurs sidérante. Mention spéciale pour le rythme de ce prodigieux long métrage, où chaque moment de calme n'est là que pour permettre au spectateur de reprendre son souffle.

Les Flibustiers, de Cecil B. DeMille

Les Flibustiers © Paramount Pictures
Les Flibustiers © Paramount Pictures

Etats-Unis, durant la guerre de 1812. Dirigeant d'une "république" de boucaniers, Jean Laffitte sévit dans les Caraïbes près de l'embouchure du Mississipi. Dans cette zone, les navires marchands ne redoutent qu'une seule chose : croiser la route du pirate. Néanmoins, Laffitte respecte scrupuleusement les bateaux battant pavillon américain. Il tombe bientôt sous le charme de la jeune Arlette Rémy, une jeune femme de la Nouvelle Orléans. Pour la conquérir, il décide d'entrer dans la haute société de la ville…

Les Flibustiers s'inspire d'une histoire vraie : celle du français Laffitte, qui vécut à la Nouvelle Orléans de 1814 à 1820. Tandis que la guerre faisait rage, les Anglais proposèrent de le soudoyer pour entraîner la chute de l'Amérique. On raconte que sa bravoure sauva l'armée américaine d'une véritable catastrophe. Encore une fois, le réalisateur Cecil B. DeMille raconte au travers de son cinéma l'histoire de l'Amérique. C'est d'ailleurs à cette période qu'on lui propose de devenir candidat républicain aux élections sénatoriales, ce qu'il refusera. Ce qui séduit dans Les Flibustiers, c'est avant tout cette authenticité de la mise en scène, un des principaux éléments stylistiques du cinéma de DeMille. Mention spéciale pour les acteurs Anthony Quinn et Margot Grahame.

Dans le même genre et du même réalisateur : Les Naufrageurs des Mers du Sud, 1942

L'Aigle des Mers, de Michael Curtiz

L'Aigle des Mers © Warner Bros
L'Aigle des Mers © Warner Bros

1585, la guerre entre l'Espagne et l'Angleterre semble imminente. Tandis qu'il vient de commander la mise en place d'une grande Armada, le roi Philippe II d'Espagne dépêche Don Alvarez en qualité d'ambassadeur de Cordoba à Londres. Sa mission : apaiser les soupçons de la reine Elizabeth quant au conflit à venir. Mais à la cour britannique, un certain Sir John Burleson, qui ne croit pas en la bonne volonté de l'Espagne, conseille à Elizabeth de façonner une flotte de défense. Pour sa part, Lord Wilfingharn estime que les intentions de l'état de la péninsule ibérique sont pacifiques…

Cinq ans après l'étincelant Capitaine Blood, le cinéaste Michael Curtiz réalise le non moins resplendissant L'Aigle des Mers. Une fois encore, il s'agit d'une adaptation d'un roman de Rafael Sabatini (Le Faucon des Mers, 1915) dans lequel on retrouve le remarquable Errol Flynn pour sa neuvième et fructueuse collaboration avec le metteur en scène. Fin des années 1930, début 1940, la Warner ne cesse de produire des films d'aventures et le succès est souvent au rendez-vous. Mais contrairement à aujourd'hui, où ce type de cinéma n'est plus qu'un divertissement de bas-étage, les films sont également là pour éveiller la conscience politique des spectateurs (les sous-entendus politiques contemporains sont nombreux dans tout le cinéma de Curtiz). Dans L'Aigle des Mers, les règles du film d'aventures sont immédiatement reconnaissables : les "méchants" sont vêtus de noir et terminent toujours perdants. Quant à leurs bonnes manières, elles sont souvent bien trop soulignées pour être vraies. Les "bons" sont valeureux et amusants, mais également timides en amour. Là où se différencie L'Aigle des Mers des films de l'époque, c'est au niveau de la mise en scène des séquences d'action. Pour une scène d'abordage, va par exemple précéder une phase de préparatifs du combat pour bien installer l'atmosphère. Ainsi, du côté espagnol, les fouets s'abattent sur les prisonniers dans les cales lugubres ; du côté anglais, les pirates sont tous réunis sur le pont dans un réjouissant désordre fraternel. Puis la musique s'emballe et les affrontements commencent, filmés avec une délicatesse rare. Une œuvre sophistiquée à voir et à revoir.

Le Cygne Noir, d'Henry King

Le Cygne Noir © 20th Century Fox
Le Cygne Noir © 20th Century Fox

Le roi d'Angleterre ordonne que tous les pirates de son royaume soient amnistiés, à condition toutefois qu'ils abandonnent leurs méfaits. Désormais devenu respectable, le pirate Morgan est nommé gouverneur de la Jamaïque. Mais le capitaine Billy Leech, un de ses anciens compagnons de bord, considère cette transformation à la fois comme une traitrise et une désertion. Bien décidé à continuer ses crimes, il est bientôt pris en chasse…

Bien que très classique, le cinéma d'Henry King n'en reste pas moins flamboyant. Dans Le Cygne Noir, ce ne sont pas tant les bassesses de l'être humain ni l'action qui intéressent le metteur en scène mais plutôt les sentiments nobles et la fibre romanesque. Avec son technicolor de toute beauté, le long métrage bénéficie des couleurs éclatantes. Difficile de rester insensible à un tel déluge de qualités : les costumes sont exceptionnels, les acteurs brillants (Tyrone Power, Maureen O'Hara), les décors fantastiques et les dialogues on ne peut plus pétillants. C'est donc logiquement que l'on peut classer cette œuvre parmi les plus grands films hollywoodiens mettant en scène des pirates. À noter que certaines scènes d'action préfigurent agréablement un autre grand film du genre : La Flibustière des Antilles.

Pavillon Noir, de Frank Borzage

Pavillon Noir © RKO
Pavillon Noir © RKO

Pendant une violente tempête, La Vierge d'Or, un navire en route vers le Nouveau Monde et transportant des immigrants, s'échoue en territoire espagnol, sur les côtes de la Nouvelle Grenade. Depuis Carthagène, le machiavélique Don Alvarado dirige la région d'une main de fer. Plutôt que de secourir les rescapés, il décide d'en faire ses esclaves. Bientôt, il jette Van Horn dans les geôles de Carthagène en attendant sa mise à mort. Dans la prison, ce dernier fait la connaissance de trois prisonniers qui vont devenir ses amis. Ensemble, ils réussissent à s'échapper du cachot…

Suite au refus de la Warner, c'est finalement la RKO qui accepte le projet de Pavillon Noir. Quelque peu ébranlée par ses récents échecs, la société mise pour la première fois en dix ans sur un film en technicolor. Cette fois, les risques sont réduits au maximum. Après le succès de Le Cygne Noir quelques années auparavant, on souhaite profiter de l'aura du film de pirates et attirer un public massif. Ce n'est donc pas un hasard si l'on retrouve dans cette production l'actrice Maureen O'Hara, déjà présente dans un des rôles titres dans Le Cygne Noir. Pour réaliser Pavillon Noir, la RKO se tourne vers le metteur en scène Frank Borzage, qui accepte immédiatement. C'est d'ailleurs plutôt étonnant de retrouver le cinéaste dans un tel registre, qui nous avait jusqu'alors surtout habitués à réaliser des histoires d'amour lyriques. Dans l'ensemble, Pavillon Noir est une œuvre rythmée et riche en rebondissements. Seule ombre au tableau : les scènes de combat et les duels, assez peu réussis. Ce qui n'empêche pas, néanmoins, le film de captiver. Mention spéciale pour les dialogues piquants signés Herman Mankiewicz (le frère ainé du réalisateur Joseph L. Mankiewicz) et surtout pour la prestation du très méchant Walter Slezak (Don Juan Alvarado). Un film malheureusement tombé dans l'oubli qui mérite largement que l'on s'y attarde.

Le Pirate, de Vincente Minnelli

Le Pirate © Metro-Goldwyn-Mayer
Le Pirate © Metro-Goldwyn-Mayer

Caraïbes, XIXème siècle. Manuela est une jeune et jolie jeune femme sur le point de se marier avec le Maire de la ville. Tout semble lui réussir mais elle s'ennuie pourtant au plus haut point. Pour échapper à ce monde monotone, elle rêve d'un pirate imaginaire nommé Macoco. Pour la conquérir, un saltimbanque du nom de Serafin se fait passer pour un pirate. Mais il est bientôt jeté dans un cachot et condamné à mort…

Pas de révolution notable ici concernant l'approche du film de pirates, mais quelques éléments intéressants toutefois : il s'agit d'une aventure mâtinée de comédie mise en scène sous forme de comédie musicale. Admirablement chorégraphié et mise en scène, Le Pirate regorge de trouvailles visuelles et sonores. Composés par Cole Porter, les morceaux sont pour la plupart interprétés par Judy Garland (Manuela) et Gene Kelly (Serafin). Mention spéciale pour le final jubilatoire ("Be a clown"), chantés par le couple réuni.

La Flibustière des Antilles, de Jacques Tourneur

La Flibustière des Antilles © Twentieth Century Fox
La Flibustière des Antilles © Twentieth Century Fox

À la tête du Sheba Queen, un navire de pirates, Anne Providence est un capitaine dont personne n'ose défier l'autorité. Elle coule un navire anglais croisé sur sa route dont tous les hommes sont jetés à la mer sans aucune pitié. Seul un français, découvert dans la cale du bateau, est épargné. Aussitôt, ce dernier est nommé premier maître du Sheba Queen. Bientôt, ils rencontrent l'effrayant Barbe Noire, un pirate légendaire qui considère Anne comme sa propre fille. Reconnaissant le visage du français, il décide de l'affronter en duel…

Consciemment ou non, La Flibustière des Antilles reprend de nombreux éléments de Pavillon Noir, de Frank Borzage. C'est d'ailleurs en quelques sortes son pendant féminin : le héros Van Horn (Paul Henreid) devient une femme, Anne Providence (Jean Peters), et l'actrice Maureen O'Hara est remplacée par un homme, Louis Jourdan. Dans cette œuvre, ce sont donc les femmes qui prennent le pouvoir. Mais si Pavillon Noir est aujourd'hui une œuvre oubliée, La Flibustière des Antilles fait à l'inverse désormais partie des grands classiques du cinéma d'aventure de la fin de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Avec Le Cygne Noir, il s'agit d'un des plus beaux technicolors. Mais la dimension tragique est ici beaucoup plus présente. Comme dans 20. 000 lieues sous les mers (que l'on peut en un sens considérer comme un film de pirates), le héros (ici l'héroïne) est prêt à laisser sa vie pour s'isoler du monde. Pensant trouver l'amour et donc son salut dans les bras du français Pierre-François, Anne Providence est finalement plus seule que jamais. Un des plus beaux films d'aventures de l'histoire du cinéma.

Barbe Noire, le pirate, de Raoul Walsh

Barbe Noire, le pirate © RKO
Barbe Noire, le pirate © RKO

Edward Teach, surnommé Barbe-Noire le pirate, est redouté de tous. Voguant à travers les Caraïbes, il fait souffler un vent de panique sur les Antilles. Las de ce meurtrier sans foi ni loi, l'Amirauté britannique décide d'envoyer l'officier Maynard auprès du pirate. Ce dernier se fait passer pour un chirurgien mais l'illusion ne dure pas et il se retrouve bientôt prisonnier…

On ne présente plus le célèbre Barbe Noire. C'est d'ailleurs lui-même qui s'en charge dans Barbe Noire le pirate : "C'est mon métier : je coule, je brûle, j'enlève, je tue, par plaisir ou par intérêt". On pourrait être terrorisé par un tel personnage. Seulement voilà : les mimiques et autres grimaces de l'acteur Robert Newton, entre deux rasades de rhum, sont hilarantes. Tous les ingrédients du film de pirates sont au rendez-vous : affrontements à l'épée, abordages, poursuites, enlèvements, trésor caché, traitrise, héroïsme et romance. Le clou du spectacle de ce long métrage est la prestation vaudevillesque de Robert Newton. Tout gravite en quelque sorte autour de lui, le scénario comme les autres acteurs. D'ailleurs, les quelques faiblesses du film sont vite oubliées grâce à son numéro de cabotinage. Une chose est sûre : si l'on ne doit retenir qu'un seul Barbe Noire dans toute l'histoire du cinéma, c'est bien lui. A noter que le réalisateur Raoul Walsh aura eu peu de liberté pour mettre en scène ce long métrage, la RKO disposant alors d'un budget très limité. C'est sans doute ce qui permet d'expliquer le manque de rythme et d'inventivité d'un certain nombre de séquences. Toutefois, la composition des cadres, en intérieur comme en extérieur, s'avère d'une splendeur rare pour un film de ce genre. Un classique à ne manquer sous aucun prétexte.

Dans le même genre et du même réalisateur : Capitaine sans peur, 1951 ; La Belle Espionne, 1953

Pirates, de Roman Polanski

Pirates © Tarak Ben Ammar
Pirates © Tarak Ben Ammar

Le capitaine Red, un célèbre pirate, dérive en haute mer sur un vieux radeau accompagné d'un jeune français surnommé "la Grenouille". Les deux hommes sont en réalité les seuls rescapés d'un naufrage qui a vu sombrer le navire du capitaine Red ainsi que tous ses membres d'équipage. Par chance, tandis que les deux marins sont sur le point de mourir, le galion espagnol "Le Neptune" les accueille à son bord. Le capitaine et son acolyte découvrent vite que le navire transporte un trésor inestimable : un trône aztèque en or massif…

Ce qui fait avant tout la légende du Pirates, de Roman Polanski, c'est son tournage catastrophique et la coûteuse construction du galion Le Neptune (8 millions de dollars). Plutôt que de façonner un décor, le producteur Tarak Ben-Ammar opte pour un véritable navire construit dans les règles de l'art. Pour sa construction, débutée en 1984, pas moins de 2 000 ouvriers ont été nécessaires, et ce pendant plus d'un an. Au festival de Cannes 1987, le studio de production décide d'offrir le bateau à la ville de Cannes, que l'on peut désormais apercevoir à quelques pas de la Croisette. À noter que le capitaine Red, qui aurait du être interprété par Jack Nicholson, est sans aucun doute une allusion au célèbre pirate Rackham le Rouge tiré des bandes dessinées d'Hergé Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge. Au départ, le scénario de Pirates, écrit par Roman Polanski et Gérard Brach (son complice de toujours) est envisagé comme celui d'une satire. Au final, la comédie fonctionne et les images sont superbes. Mais les scènes d'action ne parviennent pas à distiller la tension que le long métrage aurait méritée. Toutefois, même en tenant compte de ces déséquilibres et de la musique sans relief de Philippe Sarde, Pirates reste un excellent divertissement.

Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl, de Gore Verbinski

Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl © Walt Disney Pictures
Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl © Walt Disney Pictures

Le capitaine Jack Sparrow est un scélérat séduisant pour lequel l'eau limpide des Caraïbes et les océans du globe ne sont qu'un seul gigantesque terrain de jeu, peuplé de mystères et d'aventures. Mais rien ne va plus pour lui depuis que le capitaine Barbossa lui a volé son navire le Black Pearl, a bombardé la ville de Port Royal et a enlevé Elizabeth, la fille du gouverneur. Pour secourir cette dernière, Sparrow s'associe bientôt avec Will Tuner, l'ami d'enfance de la jeune femme. Après avoir dégoté un navire et regroupé un équipage, les deux hommes se lancent à la poursuite de Barbossa…

Jusqu'au dernier moment à sa sortie en 2003, le film Pirates des Caraïbes n'est pas perçu comme un succès potentiel au box office. A ce moment-là, la dernière grosse production en date à s'être essayée à la piraterie est L'Ile aux Pirates (1995), de Renny Harlin (Cliffhanger, etc.) et son échec commercial est encore retentissant. Pourtant, le film de Gore Verbinski fait immédiatement un carton. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une oeuvre de la même trempe qu'un Capitaine Blood ou d'un L'Aigle des Mers, difficile de ne pas se laisser porter par le cocktail savamment orchestré par Pirates des Caraïbes. La musique épique d'Hans Zimmer sied parfaitement à l'ensemble, le casting est prestigieux, les décors et les effets spéciaux sont époustouflants. Quant aux scènes d'action, elles sont intelligemment mises en scène. Avec ses dialogues parfois drôles et ses belles chorégraphies, ce film d'aventures séduira à coup sûr les grands comme les petits. Mention spéciale pour la prestation guignolesque de Johnny Depp : Errol Flynn n'est pas si loin...

Mais aussi…

  • Le Pirate Noir, d'Albert Parker, 1926
  • Capitaine Kidd, de Towland V. Lee, 1945
  • Sinbad, le marin, de Richard Wallace, 1947
  • Le Corsaire Rouge, de Robert Siodmak, 1952
  • Le Vagabond des Mers, de William Keighley, 1953
  • Les Boucaniers, d'Anthony Quinn, 1958
  • Le Fantôme de Barbe Noire, de Robert Stevenson, 1968
  • Noroît, de Jacques Rivette, 1976
  • L'Ile au Trésor, de Raoul Ruiz, 1985
  • Iguana, de Monte Hellman, 1988