Un fonds de 100 millions d'euros créé pour financer la robotique

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Le ministère du Redressement productif a annoncé mardi 19 mars la création d'un fonds de soutien à la filière de la robotique, "France Robots Initiatives", destiné à pousser la filière et à faire de la France un pays leader dans ce domaine. Arnaud Montebourg, ministre de l'Industrie et du redressement productif, a fait cette annonce alors qu'il se rendait à l'inauguration du salon InnoRobo, à Lyon, consacré aux nouvelles tendances de la robotique.

S'étalant sur 3 jours, la 3e édition du salon InnoRobo accueillait 130 exposants, et les visiteurs étaient présentés à plus de 300 robots et autres machines, opérant dans des domaines tels que : la santé, l'énergie, l'industrie, l'agriculture ou l'électroménager. L'assistance aux personnes âgées, la gestion des ressources énergétiques, les robots agricoles ainsi que ceux destinés aux services urbains et domestiques sont à l'honneur cette année. Dans le paysage des industries robotiques européennes, ce salon s'est faufilé jusqu'à la première place, d'après son fondateur Bruno Bonnell, président du syndicat Syrobo. S'y tenait notamment un colloque sur les technologies de la robotique, avec des conférences sur des sujets tels que : "Investir en robotique", "La Ré-industrialisation des pays occidentaux par la robotique" ou "Exosquelettes, drones et robots d’inspection".

Un secteur révolutionnaire ?

Bruno Bonnell, cofondateur d'Infogrames et ancien d'Atari, qui a acheté en 2006 Robopolis, le seul distributeur français de robots personnels à l'époque, a fait le pari que ceux-ci allaient envahir les foyers : pari réussi. Cinq ans plus tard, l'entreprise réalise un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros et dispose de dizaines de points de vente. Elle distribue un produit très en vogue : des robots-aspirateurs - 150 000 unités vendues en 2011 - et Bruno Bonnell créé le premier syndicat d'entrepreneurs de la robotique en 2007, l'association Syrobo, qui rassemble la majorité des industriels du secteur. En 2010, il publie son manifeste pour une révolution industrielle par la robotique : "Viva la Robolution". L'année suivante, il organise le premier salon InnoRobo à Lyon, où il vit. Véritable passionné des machines "intelligentes", il veut dynamiser le secteur en investissant dans quelques centaines d'entreprises, via le fonds Robolution Capital, qu'il a créé en partenariat avec Orkos Capital et la Caisse des dépôts.

On peut comprendre dès lors son enthousiasme à l'annonce de la création d'un fonds de soutien. Pour réussir à capter une partie des 100 milliards de dollars de chiffre d'affaires que devrait générer le secteur au niveau mondial en 2020, selon l'International Fédération of Robotics, il faut que le pays se dote de quelques entreprises de poids dans les secteurs de la robotique de service et de la robotique industrielle. Elles permettraient aux nombreuses PME qui se créent dans ce secteur d'avoir des débouchées pour leurs innovations, et seraient un précieux soutien à l'économie, qui se cherche des domaines avec un potentiel de croissance important. Pour Arnaud Montebourg et Bruno Bonnell, la robotique est l'un d'entre eux. Peut-être le plus prometteur ?

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Sources : Usine Nouvelle et Le Nouvel Obs