Réseaux sociaux : accusés de manipulation, ils risquent le procès

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L'UFC Que Choisir a décidé de lancer un ultimatum aux réseaux sociaux : soit ils changent leurs conditions d'utilisation, soit l'affaire est portée en justice. En effet, les réseaux sociaux sont accusés d'une transparence trop relative. Leur système de conditions d'utilisation et de droits des utilisateurs serait volontairement opaque et complexe, dans le but de profiter de leurs utilisateurs.

Après avoir étudié les contrats des trois principaux réseaux sociaux (Twitter Facebook et Google +), l'association de consommateurs UFC Que Choisir leur adresse les mêmes reproches que la CNIL : opacité volontaire des conditions d'utilisation, contrats illisibles, faille de sécurité laissant filtrer de nombreuses informations, collecte des données "personnelles", manque de protection des mineurs qui peuvent s'inscrire dès 13 ans sans autorisation parentale.

Une importante campagne de mobilisation

Alors que la CNIL a demandé le 20 juin dernier de modifier les conditions d'utilisation afin d'être en règle avec les lois françaises, - et avant la fin septembre 2013 sous peine de sanctions financières -, l'UFC, elle, ne leur accorde que 21 jours. En cas de non respect, elle menace de porter le dossier au tribunal.

Leur lettre, recensant toutes les modifications à effectuer pour chacun des trois réseaux, a été rédigée en une centaine de pages et envoyée aux Etats-Unis (pour Google + et Twitter) et en Irlande (pour Facebook).

En plus de ces menaces plus importantes que les "coups de semonce" de la CNIL, l'UFC appelle à la mobilisation massive des utilisateurs : ceux qui souhaiteraient faire partie de cette lutte peuvent signer une pétition mise en ligne et diffuser une bannière sur leur réseau social : "je garde la main sur mes données".

Un réseau captisalisant plusieurs dizaines de millions de personnes

Une forme étudiée pour noyer l'utilisateur

Si de telles mesures sont prises, c'est au nom de la liberté d'expression. L'association reproche la longueur des contrats d'utilisation destinée à noyer le poisson. Rédigés au travers plusieurs textes, alimentés par de nombreux liens vers d'autres pages internet dont le contenu sera en anglais, celui-ci est pour le moins abscons. Résultat : l'utilisateur perd le fil, ne comprend pas, abandonne la lecture, et finalement accepte le tout les yeux fermés.

Pour celui qui déciderait de tout lire, Facebook et Twitter ont choisi de disperser les informations importantes un peu partout dans les nombreuses pages de conditions. Si bien que vous pouvez passer plusieurs heures pour obtenir les 5 ou 10 renseignements vraiment essentiels.

L'autre stratégie, adoptée par Google +, est de tourner les règles de manière succincte et dépouillée afin d'en faire perdre l'impact et que l'utilisateur ne réalise pas l'importance de ce qu'il lit.

vous pouvez passer plusieurs heures pour obtenir les renseignements essentiels

Manipulation et revente des données personnelles

En effet, quel qu'ils soient, les réseaux sociaux s'exonèrent de toutes responsabilités tout en gardant une main mise sur vos données. Si un bug informatique survient ou que votre compte se fait pirater, rien ne pourra leur être reproché.

De plus, chaque réseau se réserve un droit, plus ou moins étendu, sur vos données et se permet de modifier comme bon lui semble votre contenu, sans bien sûr que vous puissiez vous plaindre puisque vous l'avez accepté en vous inscrivant.

Avec un réseau captisalisant plusieurs dizaines de millions de personnes de tout âge, sexe, emploi, catégorie professionnelle, pays, nationalité…, les études de marché sont facilement réalisables, et à moindre coût ! Votre profil est donc vendu à des sites internet, et c'est comme cela que la publicité peut de mieux en mieux vous cibler.

Outre cela, savez-vous que ces réseaux s'octroient le droit de vendre vos photographies pour des marques ? Vous pourriez ainsi tout à fait vous retrouver nez à nez avec une photo de vous ou de quelqu'un de votre famille, sur un panneau publicitaire lors d'un de vos voyages. Sans accord préalable de votre part puisque vous leur avez donné tous vos droits.

La question est de savoir si les trois géants vont se plier aux menaces de l'association ou décider d'aller au procès. Réponse mi juillet 2013.

Sources : UFC – Que Choisir ; 01.net