Surveillance renforcée face aux fraudeurs au baccalauréat

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Le bac approche, le stress et les dernières révisions aussi. Certains auront passé l’année et surtout ces dernières semaines à plancher devant leurs cours, mais une infime partie pourrait bien être tentée de déjouer la surveillance d’un centre d’examen. Alors que l’année dernière près de la moitié des tentatives  avaient lieu sur un smartphone, cette année le ministère de l’Education est aux aguets. En plus d’un projet de décret qui prévoit entre autre d’inscrire la sanction dans le livret scolaire, divers centres d’examens seront dotés d’un détecteur de smartphones.

La fraude pendant un examen reste encore minime. Néanmoins l’année dernière sur les  760 000 candidats, 419 tentatives ont été démasquées.

De l’antisèche à la tablette…

Ce sont les nouvelles technologies qui tentent le plus les jeunes, smartphones, MP3, tablettes, montre-téléphone, oreillettes intra-auriculaire… Elles ont attiré près de 166 malins l’an passé. Mais avec l’écriture de pense bête sur les habits ou sur le corps, de petits mots dans la trousse ou sur son matériel, la vieille école persiste et se place en seconde position (99 tentatives). C’est ensuite l’échange entre candidats qui arrive en troisième position : malgré une surveillance des salles, 46 candidats n’ont pas pu s’empêcher de chuchoter et de se communiquer les réponses.

Dans les tricheries plus rares, certains audacieux n’hésitent pas à utiliser des données extérieures comme des annales cachées dans les toilettes du lycée, ou des fiches de révisions sous leurs propres habits (30 tentatives). Les tricheurs ne manquent pas de culot, certains n’hésitant pas à falsifier les copies répertoriées (25 cas) ou encore à faire intervenir quelqu’un d’extérieur, certainement plus expérimenté, pour prendre leurs places (7 cas).

Des mesures de plus en plus sévères à l’égard des tricheurs

Même si certaines de ces tentatives font sourire à la lecture, il ne faut pas oublier qu’être pris en fraude conduit à une interdiction de passer un examen pendant cinq ans, l’année dernière cette sanction concernait 140 élèves.

Le ministère compte sévir de plus en plus les tentatives de fraudes. Afin de rester dissuasif de nouvelles mesures de sanctions ont été proposées le 16 mai dernier afin de modifier le décret du 3 mai 2012, créé suite à la très médiatisée fuite d’un exercice de maths au bac S de 2011. Pour l’heure le projet est encore en discussion.

On évoque entre autre l’idée d’inscrire la sanction sur le livret scolaire, mais cette proposition fait beaucoup débat. Certains jugeant que cette mention peut pénaliser le tricheur durant toute sa vie. Face à ce problème, on propose l’idée d’effacer l’inscription du livret scolaire au bout d’un an seulement.

Autre proposition concernant un cas où la fraude serait démasquée après délivrance du diplôme, il est question de poursuivre le tricheur. Son baccalauréat lui serait alors retiré et un jury délibérera sur ses résultats.

Des détecteurs de smartphones

Pas la peine de jouer les Mac Gyver avec son smartphone cette année, l’Education Nationale compte bien déjouer les fraudes. Alors que l’année dernière, 5 académies avaient mis en place des détecteurs de smartphones dans certains centres d’examens. Cette année la vigilance est totale devant ce premier moyen de tricherie, puisque 30 académies de France sont concernées.

L’objectif pour Vincent Peillon est avant tout de faire diminuer le nombre de tricheurs à l’examen, il semblerait même qu’une campagne de sensibilisation "La fraude nuit gravement à la scolarité" soit prochainement lancée.

Faute de moyen chaque centre d’examens ne peut évidemment pas posséder un détecteur de smartphones, aucun détail n’a été donné sur la procédure de détection afin que l’effet dissuasif soit préservé. Tout ce que l’on conseille à nos futurs bacheliers est d’éteindre leur portable et de les ranger dans leur sac, que ce soit un vieux Nokia ou un iPhone, dépassé ou à la pointe de la technologie, les deux supports seront détectés. En attendant le top départ des premières épreuves dans trois semaines, misez donc plutôt sur une bonne gestion de votre stress ou buvez du champagne (avec modération), il parait que ça tonifie la mémoire !

Sources : Le Point ; L’express