Vacances : la piscine, ce grand bain de microbes

Article mis à jour le 

Si la chaleur actuelle vous donne envie d’aller piquer une tête dans le point d’eau le plus proche, les derniers chiffres apportés par l’Anses pourrait bien freiner vos ardeurs. Si l’eau bleue nous laisse rêveurs et nous rafraîchit, l’étude nous ramène vite sur terre : ce lieu public regroupe une multitude d'impuretés. Au menu : peaux mortes, cheveux et… matières fécales, urines et morves.

Après avoir trouvé le maillot de bain idéal et vous être armé d’une bonne protection solaire, vous voilà fin prêt pour plonger dans l’eau bleutée des piscines.

Si la foule de vacanciers ne vous effraie pas, le fait de savoir qu’un seul nageur constitue à lui seul une "mini marée noire" pour l’Agence sanitaire, pourrait vous dissuader de tremper un orteil. Après avoir étudié le cas d’un baigneur évoluant seul dans une piscine pendant une heure, l’étude nous rappelle vite notre constitution.

Un mélange d’urine, de poils et de matière fécale

Si la douche et le passage des pieds dans la pataugeoire sont des passages obligatoires avant de se baigner, ils ne diminuent pas pour autant le nombre de secrétions et de cellules que nous rejetons dans l’eau chlorée s’ils sont mal effectués. Le nageur type apporte avec lui un panel de saveurs, pas toujours aussi agréables que d’autres.

Si l’on décrit les éléments retrouvés au bout d’une heure de baignade, beaucoup frémiront. D’une part le déodorant appliqué avant la baignade se mélange à l'eau à mesure que le nageur avance. Enfin, il apporte également avec lui quelques cheveux, des poils, des peaux mortes et, plus écœurant mais non moins vrai, le baigneur "type" laisse échapper un peu de morve, de matières fécales et d’urine contenus dans son maillot. En clair, un nageur excrète entre 20 et 80 millimètre d’urines, et produit entre 10 centilitres et 1 litre de sueur lors d’une baignade de deux heures.

7 grammes de chlore pour un seul nageur

Bien heureusement vous vous dites que le chlore n’est pas là pour rien. Impuretés et microbes n’ont qu’à bien se tenir en sa présence. Pourtant cette réaction chimique n’est pas mince en conséquence. En effet, c’est en oxydant ces impuretés que le chlore agit pour les faire disparaitre. Par la suite, se forment des molécules particulièrement toxiques et odorantes : les chloramines.

Lorsque vous sentez une odeur forte de chlore bien persistante lors de vos baignades cet été, cela ne vient pas du chlore, qui est par ailleurs inodore, mais de ces molécules. Et à l’inverse de ce que vous pourriez croire, cette odeur si forte n'est pas bon signe : il s’agit en fait d’un déficit de chlore, qui signifie que la piscine n’est pas suffisamment désinfectée.

Certes, si 7 grammes de chlore suffisent pour venir à bout de ce qu’apporte un nageur, imaginez la dose qu’il faut lorsqu’une piscine accueille plus de 130 000 personnes pendant 4 000 heures. Les chloramines sont, de plus, connues pour leurs effets nocifs sur l’organisme, comme le rapporte  le médecin biologiste Claude Danglot : un quart des agents de piscines municipales souffrent d’insuffisance respiratoire.

Eduquer le baigneur sur son hygiène

L’enjeu est donc de trouver une alternative au chlore. Si certaines piscines parisiennes se munissent d’ozone au lieu de chlore, ailleurs en France des piscines dites "bio" voient le jour mais ne sont à pour le moment qu’à un stade expérimental, comme l’explique le Monde. Ces dernières seraient traitées à l'aide de milliers de plantes, et le nombre de nageurs serait régulé pour limiter les impuretés.

En attendant de voir des piscines sans chlore se développer, la cible est plutôt le baigneur lui-même. Interrogé par Terra-Eco, Bernard Boullé-Giammateï, responsable des piscines à la direction de la Jeunesse et Sport de Paris, déplore les pratiques des baigneurs qui "pensent qu’ils vont à la piscine pour se laver". Tout devrait donc commencer par une prise de conscience de la plupart des nageurs. Comme tout lieu public : chacun devrait prendre ses  propres responsabilités pour le respect de la qualité de l’eau dans laquelle d’autres personnes vont se tremper.

Optez donc pour le bonnet de bain, pas toujours obligatoire dans les piscines. S’il vous paraît ridicule, il vous permettra au moins d’éviter de perdre des cheveux et, par ailleurs de les protéger du chlore ou du soleil. Et avant tout plongeon, éliminez toute trace de cosmétique et de maquillage ainsi que l’excès de sudation sur votre peau.

Sources : Slate et LeMonde