Ramadan : du changement pour 2013

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Le ramadan doit démarrer ce mardi 9 juillet. Pour la toute première fois, la date de début du ramadan est annoncée à l'avance. En effet, ce mois de jeûne musulman succède à la Nuit du Doute, qui détermine son commencement en fonction de l'apparition ou non du croissant de lune. Cependant, cette année, afin d'adopter une meilleure organisation, les autorités responsables ont décidé d'abandonner l'observation lunaire au profit du calcul astronomique.

Le ramadan, 9e mois du calendrier musulman, signifie "chaleur intense". Cette période constitue 30 jours de jeûne afin d'apprendre la modestie, la spiritualité et la patience. Les fidèles observant cette tradition religieuse devront s'abstenir de s'alimenter, de boire et d'avoir des relations sexuelles depuis l'aube jusqu'au crépuscule. Sont dispensés les voyageurs, les malades, les vieillards, les femmes enceintes et les enfants, et toute personne dont la santé pourrait être mise en péril par ce jeûne.

La fin d'une tradition pour une meilleure organisation ?

Normalement, le début du ramadan est fixé lors de la nuit du doute : c'est durant la nuit du 29e jour du mois de chaabane que les musulmans scrutent le ciel afin d'apercevoir le croissant de lune. Si ce dernier se montre, le ramadan débute. S'il n'apparait pas, le jeûne commence le lendemain. Cette organisation empirique pose donc quelques  problèmes d'organisation.

Dans l'incertitude des dates, les salariés ne peuvent poser les jours de congé que tardivement. De plus, les salles communales ou les gymnases, réservés pour s'y rassembler, sont retenus deux jours au lieu d'un, ce qui représente un coût deux fois plus élevé que lorsque la date est connue. Enfin, les abattoirs à disposition des musulmans sont eux-aussi dans l'obligation de connaitre les dates des fêtes pour gérer leur marchandise.

C'est pourquoi, depuis 2008, un groupe de réflexion s'est réuni au sein du Conseil Français du Culte Musulman  (CFCM) afin d'étudier la possibilité de mise en place d'un calendrier basé sur le calcul astronomique. Après des simulations sur 60 mois, il a été approuvé et mis à exécution pour la première fois en 2013. L'observation de la lune est donc abandonnée, bien que de nombreux musulmans, attachés à cette tradition, observeront quand même le ciel et s'y référeront.

Edit du mardi 9 juillet : l'Arabie Saoudite n'ayant pas vu la lune hier soir, la grande Mosquée de Paris a désavoué le CFCM, nous informe Le Parisien. Aussi, le ramadan débutera mercredi 10 juillet. La réforme du calcul astronomique ne semble pas avoir convaincu.

Les autorités responsables ont décidé d'abandonner l'observation lunaire au profit du calcul astronomique

Réorganisation des prières : du 2 en 1 à prévoir ?

Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR) en collaboration avec l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), a émis un avis sur l'agencement des prières tardives et nocturnes, souvent obligatoires. En effet, 3 prières sont obligatoires - outre les autres prières fortement recommandées -, en 6h à peine de nuit. Cela ne laisse pas assez de temps pour se reposer et s'alimenter, estiment bon nombres de travailleurs. Aussi, les mosquées pourront choisir entre 2 options afin de regrouper les prières du soir :

- soit la prière du maghreb (crépuscule) est retardée de 30 à 40 minutes pour laisser le temps de manger, et les trois prières s'enchaînent (maghreb, icha et tarawih) ;

- soit la prière de tarawih est déplacée entre les prières du maghreb et de icha qui, elles, seront récitées dans leur temps initial.

Ceci n'est pas une norme ni une obligation, mais une dérogation que les mosquées pourront suivre si elles le souhaitent, afin que les pratiquants puissent vivre leur religion en accord avec leur vie professionnelle, et que les prières ne gênent pas trop le voisinage.

Une période très importante pour l'Islam

Le ramadan est une période très importante pour les musulmans. Bien que le nombre de pratiquants en France soit impossible à déterminer précisément, compte tenu de l'interdiction de "collecter des données […] qui font apparaitre […] les origines raciales ou ethniques" datant de 1978, reste qu'une estimation démographique existe : on estime aujourd'hui que la population française est constituée à 5,8 % de musulmans, soit 3,7 millions de personnes. Parmi eux, environ 70 % pratiqueraient le ramadan.

Sources : Ifop ; UOIF ; CFCM