Mon enfant n'en fait qu'à sa tête : que faire ?

L'éducation d'un enfant têtu
L'éducation d'un enfant têtu
Dans le monde de la psychologie, on décrit souvent cette période comme étant celle de la crise de l'autorité. Il apparaît de plus en plus difficile pour les parents de canaliser leur enfant et de se faire écouter. Comment faire alors pour poser un cadre à un enfant ?


Qu’est ce qu’un enfant qui "n’en fait qu’à sa tête" ?

Il n'y a pas de vérité stricto sensu à ce propos. L'expression étant dans le langage populaire, elle recouvre tout un ensemble de réalités et de situations différentes. Un enfant déprimé, par exemple, aura tendance à se replier sur lui-même et donc à ne plus porter la même attention sur l'extérieur qu'auparavant. Un enfant hyperactif sera, inversement, tellement agité qu'il donnera l'impression qu'il « n'en fait qu'à sa tête »... Et, on pourrait citer un grand nombre d'exemples.
La liste suivante n'est donc pas exhaustive mais identifie différentes solutions pour recadrer un enfant et retenir son attention.

1. Poser des limites

Il est important pour l'enfant qu'il puisse se construire en ayant intégré certaines normes. Il revient aux parents de transmettre ces normes sociales et éducatives.
Lorsqu'il grandit, un jeune enfant traverse une phase normale, dite d'opposition. Durant cette période il est important que les parents montrent qu'ils ne cèdent pas à l'enfant et que se sont eux qui posent les limites et non les désirs de l'enfant.
Un enfant qui fait, par exemple, un caprice pour rester devant la télé, doit pouvoir être canalisé par un parent qui ne cédera pas au caprice de l'enfant.

2. Rester calme et expliquer ce qui ne va pas

Un enfant continuera à s'opposer et à "n'en faire qu'à sa tête" si on ne lui explique pas ce qui ne va pas lorsqu'il commet un acte non adapté.
Il est important d'expliquer à l'enfant, en quoi ses comportements ne sont pas adaptés, sans s'énerver, afin de ne pas le culpabiliser et lui faire comprendre ce qui se passe. Pour reprendre le même exemple de la télé, si l'enfant doit arrêter de la regarder parce qu'il est tard et qu'il doit se coucher, il doit comprendre pourquoi. Expliquez-lui les conséquences de rester devant la télé tard et d'être privé de sommeil (fatigue, baisse de concentration...), cela lui permettra d'accepter plus facilement l'arrêt de la télé.

3. Ne pas être rigide

L'enfant a besoin d'être cadré et d'avoir des limites. Cependant, et c'est là toute la difficulté d'être parent, trop de limites, trop de cadres, peuvent inhiber un enfant ou le placer dans une situation d'opposition systématique.
Il appartient alors aux parents de trouver un équilibre entre ce qu'ils autorisent et ce qu'ils désapprouvent. Par exemple, un enfant qui refuse de manger quelque chose peut le faire soit parce qu'il n'aime pas soit pour s'opposer. Il appartient alors aux parents de voir et de différencier ces deux choses. Si l'enfant n'aime pas un aliment, il ne faut pas être trop rigide en pensant que c'est systématiquement une façon de s'opposer et alors le forcer à manger.
D'autre part, il est important de pouvoir laisser à l'enfant une certaine marge de liberté afin qu'il puisse découvrir son environnement. Trop de limites l'en empêchera et il ira alors contre ces limites.

4. Faire pratiquer la relaxation à votre enfant

Un enfant peut systématiquement s'opposer à force d'accumuler des tensions physiques et psychologiques. La relaxation permet d'obtenir une détente générale favorisant le calme et la concentration et par extension, l'écoute.
Vous pouvez trouver des exercices ludiques, faciles à faire, dans le livre 40 Jeux de Relaxation de Nadeau Micheline ou Relaxations créatives pour les enfants de Nathalie Peretti et Geneviève Manent.

5. Consulter un psychologue ou un pédiatre

Si vous n'arrivez plus à communiquer avec votre enfant et que l'opposition est trop marquée ou si vous vous sentez dépassé et recherchez des conseils ou une solution, vous pouvez solliciter un pédiatre ou un psychologue.

Bibliographie

(1) ARENDT, H. La crise de la culture (1972)
(2) MARCELLI, D. Is it important to tell « no » to his/her child ? (2008)
(3) PERETTI, N et MANENT, G. Relaxations créatives pour les enfants.

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