Faut-il punir un enfant ?

Faut-il punir un enfant ?
Faut-il punir un enfant ?
La place de l'enfant dans la famille et les questions d'éducation font qu'à notre époque, punir un enfant est une pratique souvent considérée comme inadaptée. Quelle est la signification de la punition dans nos sociétés ? Est-il utile de punir un enfant ?


Qu’est ce qu’une punition ?

La punition peut-être vue comme un mal, une privation, une souffrance ou un désagrément infligés de façon volontaire à une personne qui a eu un comportement, un acte ou des paroles jugées répréhensibles, hors normes (1).

A quoi sert une punition ?

Les punitions ont plusieurs finalités. La plus importante est la défense et le maintien de l'ordre social (1). A travers la punition, la personne qui applique la sanction essaye de rappeler à celle qui la subit, l'existence de normes sociales et pointe ainsi un comportement qui n'est pas adapté (4).
La punition vise à l'amélioration des conduites d'un individu pour qu'il reste ou deviennent conforme. Il y a donc l'idée d'améliorer la personne en la punissant.

Et pour les enfants ?

Les enfants peuvent respirer : on dénombre de nombreux livres du XIXème indiquant comment bien punir des enfants et quelles punitions corporelles il fallait leur administrer. Aujourd'hui ces méthodes punitives s'apparenteraient à de la maltraitance.
De nos jours, les punitions des enfants se limitent le plus souvent à des privations. Cela ne signifie pas pour autant qu'un parent qui donne une fessée à un enfant soit un parent maltraitant.
Cependant, l'usage de la violence apparaît souvent comme un échec de la communication et de l'autorité parentale. L'autorité parentale doit en effet permettre de prévenir les écarts de conduite des enfants, en évitant l'usage de la punition.
Pourtant, de plus en plus de parents se trouvent incapables ou culpabilisent à l'idée de mettre des limites à leur enfant (3).

Faut-il punir un enfant ?

Des recherches récentes (1) montrent qu'il est préférable de privilégier la construction d'une autorité stable et "cadrante" plutôt que de punir un enfant.
Il arrive cependant que l'enfant sorte du cadre fixé. Il est alors important de pouvoir rappeler à l'enfant qui incarne l'autorité. Pour cela, la parole et la discussion avec l'enfant sont indispensables. Il est important de parler de ce qui ne va pas et surtout d'expliquer pourquoi. Si un enfant fait quelque chose qui ne vous convient pas, essayez de le "mettre en mot", c'est à dire de décrire à l'enfant le comportement que vous avez observé et qui pose problème. Expliquez-lui pourquoi cela pose problème et surtout échanger avec l'enfant pour vous assurer qu'il a bien compris.
Quand à la sanction, elle est parfois nécessaire (1) (2) mais doit garder un aspect objectif, parfois ludique en fonction de la gravité et ne pas porter atteinte au fonctionnement, à la croissance ou à l'intégrité de l'enfant. Une sanction ne doit pas, non plus, être formulée sous forme de menace ou revêtir un aspect angoissant.
La réparation apparaît dans la pratique comme une sanction pouvant répondre à ces différents critères. De plus, cela responsabilise l'enfant car lorsqu'il répare ce qu'il a fait, il intègre le comportement inverse du premier qui méritait une punition. Un enfant qui à dessiné sur une table ou une nappe au feutre pourra par exemple, comme réparation, nettoyer la tache. La notion de pardon est aussi importante. Elle permet à l'enfant de comprendre la valeur de son acte ayant mérité une sanction.

Guidance parentale

La guidance parentale est une aide apportée aux parents par des professionnels.

Le terme « guidance » vient de l’anglais où il signifie information, conseil et soutien. Ce concept permet d’aider les parents à réfléchir sur leur propre enfance et sur la manière dont celle-ci influence leurs attitudes envers leurs enfants.

Elle est préconisée dans les cas où les parents rencontrent des difficultés face à des évènements externes et internes à la famille (deuil, échec scolaire, agression d’un enfant, …), des crises familiales évolutives (divorce, recomposition familiale, …) ou des difficultés éducatives (problèmes d’autorité, …).

Les séances de guidance parentale ont généralement lieu avec des thérapeutes sous forme d’entretien d’1h à 1h30 avec le ou les parents et parfois même l’enfant/les enfants.

Bibliographie

(1) : TOMKIEWICS, S. Punition et soin : Confusion nécessaire ? enfances et psy. (1998)
(2) : ARENDT, H. La crise de la culture (1972)
(3) : MARCELLI, D. Is it important to tell no to his/her child ? (2008)
(4) : AIEBISCHER, V. Le groupe en psychologie sociale (2007)
(5) : HAYEZ, J.-Y. - La guidance parentale