Streaming : condamné, le service Grooveshark proche du naufrage ?

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La plateforme de streaming musical Grooveshark vient d’être condamnée pour violation de droits d’auteur par un tribunal de New York. Conclusion d’un long bras de fer judiciaire initié en 2011.

Grooveshark pourrait prochainement disparaître du petit monde des plateformes de musique en ligne, suite à sa condamnation par le tribunal de New York. Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais ce site de streaming musical a fait ses premiers pas sur le web au même moment que Deezer – c’était en 2007. Dès le départ, la plateforme disposait d’un large catalogue de titres musicaux, proposant notamment à l’écoute des artistes aussi bien absents chez Spotify que chez Deezer. Au départ totalement gratuit – la publicité, très discrète, comme unique source de financement –, le service a par la suite opté pour un système d’abonnement mensuel comparable à ses concurrents.

Reste que le colossal catalogue de Grooveshark avait été conçu sans l’accord de bon nombre d’ayants droit. Pour se protéger, le site s’est donc réfugié derrière le Digital Millenium Copyright Act, la loi la plus prisée dès lors qu’il est question de téléchargement illégal, aux États-Unis. Ainsi, les créateurs de Grooveshark ont soutenu que les morceaux illégaux hébergés sur leurs serveurs avaient été intégrés au site par les utilisateurs – autrement dit qu’ils ne pouvaient en aucun cas en être tenus pour responsables.

De fait, Grooveshark n’avait donc, selon les patrons du site, qu’à supprimer les fameux morceaux signalés comme non adaptés aux droits d’auteur, le tout conformément à la loi américaine.

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Des preuves qui disparaissent

Ceci étant, les majors du disque n’avaient pas reculé et porté plainte contre le service de streaming musical en 2011. Et l’enquête a petit à petit tourné en la défaveur de ce dernier. Des emails saisis par la justice prouvaient entre autres que les fondateurs du service avaient en personne publié sur leur site des milliers de morceaux via la création de faux comptes d’utilisateurs. Pire : ceux-ci ont aussi cherché à faire disparaître des messages les accusant.

Même si l’avocat du service a indiqué que ses clients souhaitaient faire appel, la suite de l’aventure Grooveshark semble incertaine, et ce d’autant plus que deux autres plaintes aux États-Unis visent par ailleurs l’entreprise.

Sources : nytimes, ecrans, musically