Être en surpoids pour vivre plus longtemps ?

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D'après une analyse parue dans le Journal of the Medical American Association s'appuyant sur pas moins d'une centaine d'études publiées à travers le monde, les personnes en surpoids et légèrement obèses auraient une espérance de vie plus longue que celles d'un poids normal. Mais à l'inverse, une forte obésité intensifierait néanmoins largement le risque de mortalité.


Une étude allant à l'encontre des idées reçues

Jusqu'à aujourd'hui, la plupart des études soulignaient que le surpoids entrainait entre autres de graves problèmes cardiovasculaires et représentait d'une manière générale un danger pour la santé. Mais à en croire le bilan d'une analyse réalisé par les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) récemment publié dans le Journal of the Medical American Association, le fait d'être en surpoids serait dans certains cas loin d'être néfaste, bien au contraire. Ainsi, les personnes en surpoids et légèrement obèses auraient un risque de mortalité 5 à 6 % moins élevé que la normal.

Des facteurs pour expliquer ce paradoxe

Plusieurs facteurs permettent d'expliquer ce paradoxe : une plus grande réserve d'énergie dans l'organisme aurait ainsi des effets bénéfiques. En outre, les personnes légèrement obèses seraient plus enclines à prendre des médicaments pour se remettre d'aplomb dans le cadre d'une maladie. S'appuyant sur une synthèse de 97 études basées sur près de 3 millions d'individus, les chercheurs sont parvenus à déterminer que les personnes dont l'indice de masse corporelle (IMC) se situe entre 25 et 30 – considérées comme en surpoids – encourraient un risque de décès 6 % moindre que ceux dotés d'un IMC compris entre 18,5 et 25.

Par ailleurs, pour les personnes concernées par une obésité modérée et dont l'IMC se situe entre 30 et 35, le risque de mortalité serait inférieur de 5 % par rapport à la normale. Au-delà d'un IMC de 35 toutefois, le risque de mortalité augmente de 29 % en comparaison à une personne d'un poids dit "normal". Malgré les controverses, les scientifiques rejoignant le résultat de l'enquête du CDC sont nombreux. Parmi eux, de grandes signatures telles que les Dr Steven Heymsfield et William Cefalu, du Pennington Biomedical Research Center, à Bâton Rouge en Louisiane. Selon eux, un excès de tissus adipeux pourrait entre autres fournir des réserves d'énergie salutaires en cas de maladie. Une chose est sûre pour les chercheurs : l'obésité n'a pas encore révélé tous ses secrets.

À noter que pour de mener à bien cette étude, les scientifiques du CDC se sont basés sur de vastes données : 2,88 millions d'individus et 270 000 décès, répartis en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Amérique du Sud.