Boissons énergisantes : les députés votent la taxe "Red Bull"

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Jeudi, les députés ont voté la création d'une taxe sur les boissons énergisantes comme le Red Bull. S'élevant à un euro par litre, cette dernière devrait générer 60 millions d'euros de recettes annuelles.

L'an passé, la taxe sur les boissons énergisantes – dite taxe Red Bull – avait d'abord été adoptée par le Parlement avant d'être finalement censurée par le Conseil constitutionnel, qui ne voyait là aucun critère objectif à même de la justifier. Or, cette année, tandis que la mesure s'inscrivait dans le cadre de la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2014, cette dernière a été motivée selon un nouvel axe : le danger sur la santé induit par ces produits, et ce sans y ajouter d'alcool.

Ainsi, le rapporteur PS du texte, Gérard Bapt, a mis en évidence l'argument comportemental s'opposant à une logique de recettes. Une stratégie dénigrée par le député UMP Bernard Accoyer, qui a déploré que les problèmes de santé publique ne soient désormais plus abordés que pour motiver de nouvelles taxes.

Vers un meilleur encadrement de la publicité

Applaudie par les écologistes, cette mesure a été relativement bien accueillie par l'UDI. Pour sa part, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a estimé que la fiscalité comportementale n'était pas le seul instrument des politiques de santé publique. Par ailleurs, elle a indiqué que le gouvernement s'apprêtait à encadrer plus strictement la publicité et la communication sur ces boissons énergisantes, dont la taxation correspond pour l'heure à celle d'un soda.

À noter que les boissons énergisantes avec une teneur minimale de 220 mg de caféine ou 300 mg de taurine pour 1 litre devraient être concernées. Pas moins de 60 millions de litres de ces dernières seraient consommés en France chaque année.

Pour rappel, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) avait invité début octobre à éviter la consommation des boissons Red Bull, Monster ou Burn, par les enfants et les adolescents. De même, l'agence a recommandé vivement de ne pas mélanger ces dernières à de l'alcool ou encore de ne pas effectuer une activité physique intense après en avoir absorbé. Mis en vente dans l'Hexagone depuis 2008, ces boissons sont sous surveillance et suspectées d'entraîner des effets indésirables, entre autres sur le plan cardio-vasculaire.

Sources : ANSES, assemblee-nationale